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8 Sep 2026 | Profession
 

Face à l’explosion de la contrebande et à la fiscalité toujours plus lourde, les buralistes français appellent à une mobilisation à partir de lundi 7 septembre (voir 7 septembre).
Des rassemblements ont lieu en province cette semaine, puis à Vernon en fin de semaine. La Corse, longtemps épargnée par ces problématiques, est aujourd’hui en première ligne. Nous reprenons l’info de ICI Corse le 7 septembre.

Depuis le premier janvier 2026, le prix des cigarettes est désormais aligné sur celui du continent et les conséquences ont été immédiates. Entre janvier et avril, les ventes ont diminué de 15 % dans l’île. En cinq ans, le nombre de cigarettes distribuées sur le territoire est passé de 661 millions à 361 millions, soit une baisse de 39 %.

« Nous souhaitons que le gouvernement revoie sa politique de fiscalité en France, nous demandons la fin de l’indexation des prix du tabac et surtout un gel de la fiscalité », détaille Christian Croquelois, président de la fédération régionale des buralistes (voir le 31 octobre 2025).

L’île doit de plus en plus faire face à l’importation de cigarettes de contrebande, qui arrivent essentiellement de Sardaigne, « mais on note la présence de cigarettes venant de pays de l’Est comme la Moldavie, surtout dans le nord de la Corse et la plaine orientale », déplore Christian Croquelois.

« Pour la deuxième année consécutive, nous sommes arrivés en tête des baisses de volume au niveau national, l’augmentation de la fiscalité crée un appel d’air pour le marché parallèle ». Avec six ports, quatre aéroports et mille kilomètres de côtes, l’importation illégale est devenue presque impossible à contrôler. Si en France on estime le nombre de cigarettes fumées provenant de la contrebande à 40 %, le chiffre est désormais de 15 % en Corse.

La confédération des buralistes espère donc un gel des tarifs en France, le temps que les prix augmentent également dans les pays limitrophes. « La Belgique a récemment augmenté ses tarifs d’environ 2 euros par paquet et tous nos confrères du nord de la France ont vu leurs ventes augmenter de 15 à 30 % ».

L’aspect économique est loin d’être négligeable puisque la Corse compte 203 buralistes, soit près de sept cents emplois dont quatre cents salariés. La densité des bureaux de tabac est également plus forte dans l’île puisqu’on y dénombre 5,8 buralistes pour 10 000 habitants contre 3,4 en moyenne sur le continent, la Balagne atteint même le chiffre de 10,4 buralistes pour 10 000 habitants.

Et les spécificités insulaires ne s’arrêtent pas là puisque, si partout en France une partie des taxes est reversée à la Sécurité sociale, dans l’île c’est la collectivité de Corse qui en bénéficie. En moyenne, la CdC récupère 156 millions d’euros par an, avec un pic à près de 172 millions en 2022. Ce sont donc près de 800 millions d’euros qui sont venus alimenter le budget de la région au cours des cinq dernières années, mais la baisse est déjà sensible cette année. Sur les six premiers mois de 2026, les encaissements de la Collectivité de Corse s’élèvent à 41,3 millions d’euros, soit une baisse de 2,5 % par rapport à 2025.

Les buralistes, qui ont alimenté le budget de la région durant de longues années, aimeraient également voir un geste de la part de la collectivité afin de les aider à passer cette période délicate. D’autant que les commerces de tabac doivent faire face à une autre concurrence dans l’île, celle des stations-service qui sont toutes autorisées à vendre des cigarettes, alors que sur le continent, seules celles installées sur les autoroutes bénéficient de cette dérogation.

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