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22 Août 2026 | Profession
 

La nouvelle est tragique et rappelle une réalité que beaucoup de professionnels connaissent depuis longtemps : être buraliste n’est pas un métier comme les autres.
À Cognac, Jean-François Robert, buraliste, est décédé ce 18 août, un peu plus de deux mois après avoir été violemment agressé. Il avait été frappé lors d’une agression dans le cadre de son activité.

C’est ainsi que démarre un message, sur Linkedin ce 21 août, de Régis Jeanne-Di-Lambard de la fédération des buralistes de Paris-Ile-de-France. Nous reprenons son texte.

Derrière cette terrible histoire, c’est toute une profession qui s’interroge.

Comment continuer à exercer sereinement lorsque les tensions augmentent, que les produits vendus sont de plus en plus chers et que le tabac représente une marchandise particulièrement convoitée ?
De nouvelles modifications tarifaires sont encore prévues en 2026, même si elles ne concernent pas l’ensemble des références.
Pour le consommateur, quelques dizaines de centimes supplémentaires peuvent sembler anodins.

Pour le buraliste, les conséquences peuvent être bien plus importantes.

Chaque hausse provoque davantage d’incompréhension, de mécontentement et parfois de tensions au comptoir. Et surtout, plus le prix du tabac légal augmente, plus la différence avec les produits achetés sur les marchés parallèles peut devenir attractive pour certains consommateurs.
Il faut le rappeler : le buraliste ne fixe pas le prix du paquet de cigarettes. Pourtant, c’est bien lui qui se retrouve face au client lorsque le prix augmente.
Chaque nouvelle hausse de prix doit être accompagnée d’une réflexion sur la sécurité des commerces, sur la lutte contre les trafics et les achats illégaux, mais aussi sur l’avenir économique des bureaux de tabac.
Derrière chaque rideau métallique, une famille attend son commerçant.

Le décès de Jean-François Robert est avant tout un drame humain. Il ne doit pas devenir un simple fait divers de plus.

Derrière chaque buraliste, il y a une personne, une famille, des proches, des salariés et parfois tout un village ou un quartier qui perd un commerce essentiel.
Nous devons pouvoir ouvrir nos commerces sans avoir peur.
Nous devons pouvoir annoncer un prix sans craindre une réaction violente.
Nous devons pouvoir rentrer chez nous le soir sans nous demander si notre métier vaut le risque que nous prenons.
Les buralistes ne demandent pas l’impossible. Ils demandent simplement que leur sécurité soit considérée comme une priorité.

Les hausses successives du prix du tabac, la baisse des volumes et le développement du marché parallèle constituent déjà de lourds défis économiques. Lorsque s’y ajoutent les agressions et l’insécurité, c’est tout un métier qui se retrouve fragilisé.

Le drame de Cognac doit donc être un signal d’alarme.
Parce qu’avant d’être des commerçants, les buralistes sont des femmes et des hommes. Et aucune politique publique ne devrait faire oublier leur sécurité.