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28 Mai 2024 | Vapotage
 

En France, environ 2,5 millions de personnes utilisent la cigarette électronique au quotidien, majoritairement comme outil de sevrage tabagique. Avec désormais presque deux décennies de recul, les scientifiques saccordent à dire quelle est bien moins nocive que la cigarette classique.

Mais vapoter est-il pour autant anodin, notamment pour nos poumons ? Des études ont récemment apporté des éléments de réponse.

C’est ainsi que démarre un article du Figaro Santé de ce 27 mai qui fait le point avec le docteur Thierry Urban, pneumologue au CHU d’Angers (voir 19 septembre 2019). Grâce au recul dont on dispose désormais, les scientifiques tentent aussi d’en savoir plus sur les effets à long terme du vapotage.

•• Au Royaume-Uni, le Collège royal de médecine a publié en avril un rapport très fouillé sur les risques de la cigarette électronique. Les auteurs concluent que « le vapotage de nicotine nest pas associé à une fréquence élevée deffets néfastes sur la santé », tout en précisant que les études de bonne qualité manquent pour conclure.

Des expériences menées en laboratoire ont bien montré que certains arômes pourraient avoir un effet toxique sur les cellules respiratoires via le stress oxydatif et des processus inflammatoires. Mais ce phénomène n’est pas constaté en vie réelle, chez les utilisateurs. Concernant l’induction ou l’exacerbation d’asthme, d’allergies ou de la bronchite pulmonaire chronique obstructive, les études ne sont pas convergentes non plus.

•• Quen est-il du risque de cancer ? À lheure actuelle, aucun cas na été attribué au vapotage. Le risque semble logiquement bien moindre qu’avec les cigarettes : les nombreuses substances cancérigènes présentes dans la fumée du tabac n’existent pas (ou alors à des taux très faibles) dans la vapeur des cigarettes électroniques.

Mais le risque ne peut pas être écarté. Quelques études ont par exemple mis en évidence que le vapotage pouvait altérer l’expression des gènes et la méthylation de l’ADN, des mécanismes qui jouent un rôle dans la survenue des cancers. Mais d’autres travaux scientifiques n’ont pas observé un tel phénomène chez les vapoteurs par rapport aux non-vapoteurs.

Il faudra d’autres études au long cours pour pouvoir trancher cette question. « Il ny a pas dalerte particulière, mais nous navons même pas vingt ans de recul », souligne le docteur Thierry Urban, qui rappelle que 30 à 40 années s’écoulent avant que le tabac ne donne un cancer.

« On sait qu’à court et moyen terme, la tolérance de la cigarette électronique est satisfaisante, à condition dutiliser des produits de bonne qualité. Et, dans tous les cas, il vaut toujours mieux vapoter que fumer », résume le docteur Urban, tout en rappelant que le vapotage reste déconseillé aux non-fumeurs. Si les effets de la cigarette électronique font encore débat, les méfaits du tabagisme, eux, ne font plus aucun doute, avec 8 millions de décès chaque année dans le monde, dont 75 000 en France.

•• Très récemment, deux études de grande ampleur (Cochrane, New England Journal of Medicine) ont confirmé l’efficacité de la cigarette électronique pour se passer du tabac. « Nous savons désormais que cest aussi efficace que les substituts nicotiniques par patch ou par voie orale, voire plus efficace. Et les deux peuvent être utilisés en parallèle », indique Thierry Urban.

Pour autant, en France, elle n’est pas officiellement recommandée pour cet usage par les autorités sanitaires. « En tant que pneumologue, je ne la déconseille pas si les patients veulent sen servir », précise le médecin. Mais sur une période la plus courte possible. « On peut lutiliser comme une aide transitoire, pendant six mois à deux ans, en diminuant progressivement la concentration en nicotine jusqu’à atteindre le zéro.  Mais on ne recommande pas de vapoter pendant des années, car, encore une fois, nous ne connaissons pas les effets à long terme. »