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7 Avr 2026 | Trafic
 

Selon une enquête menée par des clients mystères dans des épiceries de nuit du Nord, plus de la moitié vendraient illégalement des cigarettes, un quart proposeraient des puffs. C’est ainsi que débute un article de Lille Actu (de Nicolas Demollien) le 5 avril. Nous le reprenons.

À Lille, Roubaix ou encore Tourcoing, une enquête a été menée dans les épiceries de nuit. Des clients mystères se sont rendus dans de nombreux établissements avec des résultats plutôt accablants concernant la vente de cigarettes de contrefaçon ou encore de puffs.

Ce sont les Fédérations départementale des buralistes, de la Confédération des Commerçants De France (CDF) et de la Fédération des Épiciers de France qui en ont publié les résultats. Les trois entités soulignent la difficulté à lutter contre la persistance « du marché parallèle de cigarettes, de puffs (cigarettes électroniques jetables interdites) et d’autres produits illicites ».

Entre septembre 2025 et janvier 2026, la société Webdrone a ainsi mené des enquêtes anonymes. « Dans le département du Nord, environ 51 % des épiceries de nuit vendent illégalement des cigarettes et 23 % vendent toujours des puffs.
À Tourcoing et à Roubaix, la part d’épiceries vendant des cigarettes atteint même 56 % », soulignent les rapporteurs de l’enquête. Ces deux villes sont ainsi parmi les plus touchées de France, « 20 points au-dessus de Lille qui reste néanmoins au-dessus de la moyenne nationale ». Et de s’inquiéter par ailleurs que « les épiceries où se livrent ces trafics se situent la plupart du temps à quelques centaines de mètres d’établissements scolaires ».

Les entités souhaitent désormais alerter l’opinion publique sur le développement des ventes illicites de produits de la nicotine. « L’augmentation de la fiscalité sur le tabac et l’interdiction de certains produits nicotinés stimulent un marché parallèle dont le contrôle nécessite, pour être efficace, la mise en place de mesures d’observation et de répression des trafics à la hauteur des profits générés ».

Commerçants et Épiciers de France appellent l’État à revoir son approche exclusivement fondée sur la hausse des taxes et la prohibition, et à engager une stratégie plus globale : renforcement effectif des sanctions, lutte contre les ventes illégales, démantèlement des filières d’approvisionnement de contrefaçon et contrôle des maires sur les ouvertures de nouveaux commerces.

« Les dérives observées ne reflètent en rien l’éthique de notre profession et la mission qui est la nôtre, ni les pratiques de nos adhérents, que ces derniers soient épiciers de nuit ou non. Au même titre que nos confrères buralistes, il est de notre devoir de faire en sorte de préserver la sécurité, la santé et l’économie de nos territoires », insiste Alexis Roux de Bézieux, président de la Fédération des Épiciers de France.