« Davantage d’argent pour les buralistes ». Le titre barrant toute une page du Journal du Dimanche (voir Lmdt de ce jour) fleure bon la manipulation.
En fait, l’article présente « les pistes » du député PS Frédéric Barbier, animateur d’un groupe de travail parlementaire « sur l’avenir des buralistes » (voir Lmdt des 7 avril, 7 mai et 1er juillet). Lequel devrait rendre son rapport en septembre. Et annonce dans le JDD : « le marché a perdu 20 % en dix ans et perdra encore 10 % d’ici 2020 avec le paquet neutre. Il faut poursuivre la revalorisation de leur rémunération si on veut qu’ils ne ferment plus ». Le JDD rapporte que « Frédéric Barbier vise à relever la commission des buralistes de 9 à 10 % sur le prix d’un paquet d’ici à 2020 ».
Sachant qu’il s’agit là de remise brute. Et que, dans le cadre du Contrat d’avenir actuel (2012 – 2016), la remise nette des buralistes augmente de 0,4 point sur la période (augmentation échelonnée sur cinq ans).
« Le député socialiste souhaite aussi introduire une incitation financière à la baisse des ventes. Sa collègue bordelaise Michèle Delaunay, fervente anti-tabac, va plus loin : à terme, leur rémunération doit être inversement proportionnelle aux ventes ».
Suggestions dont on sait qu’elles sont reçues avec grand scepticisme du côté de la Confédération qui – outre la substitution du « paquet Directive européenne » au projet de « paquet neutre » – attend des propositions concrètes et à court terme. « Nous savons que nous vendrons moins de tabac mais on veut surtout que les prix n’augmentent plus pour éviter d’accroître l’écart avec nos voisins européens » commente Pascal Montredon dans l’article du JDD.
Et l’auteur de conclure en décrivant la quadrature du cercle : « L’État souhaitant maintenir 80 % des taxes sur les cigarettes, si la commission des buralistes augmente de 9 % à 10 %, celle des fabricants de tabac baissera de 11 % à 10 %. Il leur en coûtera 200 millions d’euros sur cinq ans. Pour se rattraper, ils souhaiteront relever fortement leurs prix, au risque de provoquer une baisse des ventes. Un subtil équilibre à trouver pour l’État qui doit aussi protéger ses précieuses recettes ».
Davantage d’argent pour qui ?




