Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
17 Juin 2013 | Profession
 

Parmi les retombées médiatiques sur la « confirmation » d’une augmentation de 20 centimes des paquets de cigarettes, en juillet (voir Lemondedutabac du 16 juin), se dégage un certain sentiment de flottement … Trois exemples à travers un reportage de journal télévisé, une émission de santé et un billet d’humeur.

Ainsi, Jean-Pierre Pernaut, au journal de 13h de TF1, revient sur l’inquiétude des buralistes « qui ne comprennent plus très bien ce que veut faire le gouvernement avec le prix du tabac ». Pour illustrer le sujet, un reportage dans le département de la Sarthe où « de nombreux buralistes, installés à la campagne, ont de plus en plus mal à joindre les deux bouts ». D’où un effort de diversification dans l’épicerie, les relais poste, etc. Le témoignage des interviewés confirmant que les fumeurs « vont acheter ailleurs » sur internet, lors de déplacements de loisir ou professionnel.

Trente minutes plus tard, Gérard Audureau (Droit des non-fumeurs), sur le plateau du « Journal de la Santé » de France 5, défend une thèse différente. Avec 20 centimes d’euros seulement par paquet, les gens ne vont pas s’arrêter de fumer, « mais ça continue à enrichir les fabricants ». Explication : « la taxe n’augmente le prix du paquet que de 2,8 euros. Avec une augmentation de 20 centimes, ça leur fait 4 euros dans leur poche ; celle des fabricants, des débitants et … de l’Etat » (sic). Comprenne qui pourra. Ce n’est pas avec ce genre de démonstration que le téléspectateur va comprendre quoi que ce soit « au prix d’un paquet de cigarette ».

Plus humoristique, ce matin, sur France Bleu, le présentateur de « Détroit sans détour » s’en est pris aux « contradictions » de Marisol Touraine sur la santé publique. « L’augmentation du prix du tabac, ça va booster la cigarette électronique … Sauf que Marisol, elle aime pas la cigarette électronique … Elle veut l’interdire … Alors, pourquoi ces restrictions, puisqu’on ne sait pas ce qu’il y a dedans ? Parce qu’il y a du propylène glycol et la glycérine… que l’on trouve dans les cosmétiques et dans la nourriture. A cause du manque à gagner pour l’Etat ? Si tout le monde se met à vapoter, le manque à gagner de l’Etat sera de 300 millions d’euros … Parce que cela incite les jeunes à fumer ? Mais, alors, il faut interdire la picole à la terrasse des cafés … ».

17 Juin 2013 | Associations
 

Seita et Logista France (ex-Altadis) viennent d’être condamnés, ce lundi 17 juin, à respectivement 60.000 et 30.000 euros d’amendes, pour non-respect de la législation sur le tabac, concernant des paquets de cigarettes de la marque Fortuna. 

C’est devant le Tribunal correctionnel de Paris que Le Comité national contre le Tabac (CNCT) avait engagé des poursuites pour deux infractions au code de la Santé publique en 2011.

Seita ayant commercialisé des cigarettes Fortuna « Un y dos », conditionnées dans un même emballage … mais comportant lui-même deux paquets distincts de 10 cigarettes (le simple paquet de 10 cigarettes étant interdit aux termes du Code de Santé publique). En outre, plusieurs inscriptions sur les paquets, comme « caracter español », étaient dénoncées comme de la publicité en faveur du tabac.

Avant cette action devant le Tribunal correctionnel de Paris, le CNCT avait saisi, à l’époque, la justice en référé et obtenu le retrait de ces paquets du linéaire.On rappellera qu’à l’époque la Confédération avait exprimé ses réserves sur cette initiative commerciale.

Outre les amendes, Seita et Logista France (ex-Altadis) ont été condamnées à verser solidairement 60.000 euros de dommages et intérêts au CNCT. Un « bon résultat » comme a cru bon de le souligner l’avocat du CNCT, maître Francis Caballero.

Seita a annoncé qu’elle faisait appel.

17 Juin 2013 | Pression normative
 

On a vu, vendredi dernier, que la position des Etats membres pèse beaucoup dans le processus de la prochaine Directive tabac européenne. Le « zèle »  de la présidence irlandaise ayant été contrarié par la minorité de  blocage de quatre Etats (voir Lemondedutabac des 14 et 15 juin).

En revanche, en Italie, les buralistes sont mécontents du « suivisme » du gouvernement d’Enrico Letta, globalement favorable – comme le gouvernement français – au projet de Directive, tel que dessiné par la Commission (paquets quasi génériques à 75 % ; interdiction des menthols et des slims, etc. ). Et à l’appel de la Federazione Italiana Tabaccai (la FIT, la Confédération italienne), une campagne est lancée ce lundi même.

Aujourd’hui, 800 buralistes de Rome et sa banlieue vont porter un t-shirt de protestation « pour dénoncer l’inertie de leur gouvernement ». Thème aussi d’une affiche apposée dans les points de vente. Par ailleurs, leurs collègues de province sont incités à envoyer une carte postale de protestation au président du Conseil, Enrico Letta.

17 Juin 2013 | Associations
 

Ce lundi 17 juin, pendant que RMC annonçait en boucle dans ses journaux d’information – « sur confirmation officielle du ministère de la Santé » (sic) – une augmentation de 20 centimes des prix du tabac, en juillet (voir Lemondedutabac du 16 juin), les représentants des associations anti-tabac criaient  « au scandale ».

Bertrand Dautzenberg (Office français de prévention du tabagisme) déclarait, dès 7h : « et tout cela, parce que c’est Bercy qui dirige et pas la Santé. Et c’est surtout parce que le Premier ministre et l’Elysée veulent que ça se passe comme ça. C’est insupportable, anti-démocratique. Et c’est du domaine de la république bananière ».

Yves Bur, président de l’Alliance contre le tabac, à 8h20 : « non seulement l’industrie du tabac va voir son chiffre d’affaires augmenter mais, en plus, les géants du tabac demandent une ristourne fiscale. C’est une honte. Les grandes victimes ce sont les Français. Quand est-ce que le gouvernement arrêtera de privilégier l’industrie du tabac ? ».

17 Juin 2013 | Profession
 

Ce n’est qu’un sondage en ligne. Mais c’est une pièce supplémentaire au débat sur la pertinence de la prochaine  augmentation des prix du tabac (voir Lemondedutabac du 16 juin).

Réalisé à la demande du site Economiematin, ce sondage « Toluna Quicksurveys» a été réalisé par internet le jeudi 13 juin dernier, le lendemain de l’annonce par Marisol Touraine d’une « augmentation des prix de 30 ou 40 centimes, en une fois, début juillet » (voir Lemondedutabac du 12 juin).
Principaux résultats de ce sondage effectué auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes,  âgées de 18 ans et plus :

• 35% des sondés estiment que « la principale conséquence de la hausse des prix du tabac est, à plus ou moins long terme, la fermeture progressive des bureaux de tabac ». Comme si le message sur les conséquences du développement du marché parallèle commençait à être pris en compte par l’opinion publique.
• 30% pensent que cette mesure « pourrait bien renflouer une partie du déficit de la Sécurité sociale ».
• 14,6% de ces sondés, seulement, déclarent que « l’augmentation pourrait dissuader les fumeurs ».

On peut penser ce que l’on veut des sondages. Mais il se trouve que ce dernier résultat (sur l’inefficacité des hausses pour inciter les fumeurs à arrêter) recoupe celui d’autres enquêtes. Ne serait-ce que celles réalisées auprès des fumeurs eux-mêmes (voir le Mondedutabac du 15 mars 2012).

17 Juin 2013 | Institutions
 

Interrogé par Jean-Jacques Bourdin, sur RMC/ BFM TV ce matin,  à propos de la hausse des prix du tabac (et les conditions de leur définition entre Bercy et les fabricants), l’ancien ministre de la Santé a répondu en substance :

« J’y vois surtout le risque d’une aggravation des trafics frontaliers et de la contrebande. Il est urgent que, sur le plan européen, les décisions ne soient pas uniquement prises par les ministres de la Santé. Il faut une convergence en Europe ».

16 Juin 2013 | Profession
 

Ce lundi matin, Les Echos confirment que tous les fabricants de cigarettes ont déposé leurs prix, vendredi soir.
Avec une augmentation linéaire de 20 centimes d’euros sur tous les produits.

Ce qui devrait être validé par Bercy. Et techniquement mis en œuvre le lundi 15 juillet.

Sachant que le tabac à rouler va augmenter de 40 centimes. Les cigares devraient suivre aussi.

Les Echos précisent que rien n’est décidé pour octobre. Mais annoncent une nouvelle hausse avec l’augmentation de la TVA en janvier.

Reste que tout cela ne sera sûr et validé qu’avec la parution des prix au Journal Officiel. Et que les buralistes ont toujours l’intention d’exprimer leur opposition à une augmentation survenant en pleine période des vacances, propice aux achats frontaliers, et alors que le marché continue de s’affaisser (voir Lemondedutabac du 16 juin).

16 Juin 2013 | Profession
 

On connait la courageuse et belle histoire du Navarre, ce cigare premium français, roulé à la main dans la manufacture de Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques), reprise en 2010 par Thierry Frontère.

Déjà présent sur plusieurs marchés européens, le Navarre est en voie de conclusion d’un accord avec la marché américain. Objectif : 60 000 cigares qui seront écoulés sur 400 points de vente pour la première année.

Avec à la clé, un lancement lors de la célèbre convention du cigare de Las Vegas, mi- juillet.

C’est aussi en juillet qu’une délégation du groupe « China Tobacco » visitera Navarrenx. 

16 Juin 2013 | Profession
 

Le Journal du Dimanche de ce jour y va de sa révélation sur la prochaine augmentation du prix des cigarettes … Pour annoncer plus 20 centimes au 1er juillet.

Cette information est à prendre, encore, avec précaution. Après toutes les annonces contradictoires de ces derniers jours (voir Lemondedutabac des 6 et 12 juin). Et alors que le respect de ce délai semble techniquement très difficile à réaliser (voir Lemondedutabac du 13 juin).

Par ailleurs, le Journal du Dimanche relance la polémique sur le mode de fixation des prix du tabac (en citant un mail d’un cadre des Douanes de l’été dernier).

Il « cible » Philip Morris « rechignant à augmenter ses prix » et « négociant une contrepartie qui porterait sur le rééquilibrage d’une composante de la taxation du tabac (le tarif spécifique) ».

On sera surpris que l’article omette de mentionner, dans cette « véritable saga des prix », le rôle des buralistes, directement concernés par le sujet au même titre que les fumeurs. Or, nous croyons savoir que sur le terrain comme au niveau gouvernemental, les buralistes sont également très actifs sur le sujet.

16 Juin 2013 | Institutions
 

Une visite opportune. Alors que le débat sur la pertinence  des prochaines augmentations des prix du tabac bat son plein …, le député de l’opposition et, surtout, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez (photo), s’est rendu à la frontière franco-belge, ce vendredi après-midi.
Une visite organisée par Patrick Brice (président de la Fédération des buralistes du Nord) et menée en compagnie de Gérald Darmanin (député UMP du Nord et, notons le, benjamin de l’Assemblée nationale).

L’infatigable pourfendeur des dysfonctionnements fiscaux qu’est Gilles Carrez a pu constater de visu l’importance du flux des achats frontaliers. Sur le site de l’ancien poste douanier de « Risquons-Tout », dépendant de  la commune belge de Mouscron, juste après Tourcoing : une zone commerciale où se côtoient plusieurs  points de vente (certains avec la « carotte » des buralistes) proposant tabac et alcool à une clientèle française qui se précipite sur place chaque week-end.

Alors que l’essence est actuellement plus chère qu’en France, la station service (avec ses pots de tabac à rouler de 1 kilo à 57 euros) ne désemplit pas. Nouvel attrait du lieu : le concept du « niceshop », boutiques ouvertes que la nuit, regorgeant de tabac, bouteilles et divers produits excitants.

De caractère flegmatique, le président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale s’est montré très impressionné. On attend sa prochaine intervention sur le sujet au Palais Bourbon.