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16 Sep 2016 | Pression normative
 

Lycee fumeurLes politiques n’avaient pas encore vraiment mis le pied dans le dilemme « sécurité / santé » soulevé par les zones fumeurs dans les lycées du fait de l’état d’urgence (voir Lmdt des 14, 12, 11 et 9 septembre). Jusqu’à ce qu’ils soient questionnés par les médias. Et manifestement, ils ne soutiennent pas la position des proviseurs. Mais ils ne sont pas à leur place, non plus …

• Catherine Lemorton, députée PS et présidente de la commission des affaires sociales à l’Assemblée, comprend bien le cas de conscience des proviseurs, mais se montre précautionneuse, selon DNA de ce jeudi 15 septembre. Pour elle, deux « fléaux incomparables » se chevauchent : « à court terme, le risque terroriste et à long terme, le risque sanitaire provoqué par le tabac : insuffisance respiratoire, asthme, cancer du poumon… » Selon cette pharmacienne, « le risque d’une attaque étant epsilonesque, le choix le plus raisonnable, qui est d’ailleurs celui des fédérations de parents d’élèves, est de ne pas revenir sur la loi Évin ». Et de conclure : « car si fumer est à nouveau possible dans les établissements scolaires, pourquoi pas aussi bientôt dans les bars et les restaurants ? ». Surseoir à la loi Évin serait une régression historique. Et morale. Aux proviseurs de s’adapter.

 Dans les « Grandes gueules » de RMC, les échanges ont été convergents entre la sénatrice PS des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac, et Valérie Debord, porte-parole des Républicains.

Pour la première « je comprends que certains proviseurs disent qu’ils n’ont pas envie de laisser les élèves dehors dans les endroits où il y a des risques. Est-ce que pour autant, il faut légaliser le fait de fumer au lycée ?  Non, bien sûr. Une chose est certaine : le gouvernement a demandé que des conditions particulières soient mises en place pour la sécurité de nos enfants. Et c’est vrai qu’il y a de nouvelles conditions et qu’on aurait imaginé devoir choisir entre la sécurité et la santé. Il faut les deux et faire de la pédagogie ».

Pour la seconde, « laisser fumer les enfants à l’intérieur de l’établissement serait un signal extrêmement négatif qui battrait en brèche des années et des années de lutte contre le tabagisme … La loi Evin doit être appliquée, point barre. C’est fou qu’on tergiverse sur cette question. On parle tous les jours d’éducation et de civisme. Comment, nous adultes, pouvons dire « est-ce qu’on doit respecter la loi ? Je ne sais pas ». Il y a là un intérêt général, la politique de santé publique ».