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7 Juil 2020 | Profession
 

Série d’escroqueries sur fond d’addiction aux jeux d’argent ou opération de blanchiment ?

Un juge d’instruction de Versailles a mis en examen, vendredi 3 juillet, un buraliste de Chambourcy (Yvelines) pour « blanchiment en bande organisée », en compagnie d’un autre homme et de deux femmes selon Le Parisien.

Tous les quatre sont soupçonnés d’avoir blanchi, via les jeux, et en un peu moins d’un an plus de … 220 000 euros provenant d’escroqueries bancaires. Ils ont été remis en liberté, sous contrôle judiciaire, à l’issue de leur passage devant le juge d’instruction.

•• C’est le responsable d’une banque qui a donné l’alerte, en novembre dernier, en se rendant au commissariat de Versailles. Il soupçonnait une femme d’avoir ouvert un compte avec de faux documents dans son établissement pour obtenir un crédit. Au total, quatre banques à La Celle-Saint-Cloud, Achères (Yvelines), Bagnolet (Seine-Saint-Denis) et Armentières (Nord) ont été victimes de ces démarches de la part des mêmes personnes.

•• Les enquêteurs observent, alors, de plus près les flux d’argent et se rendent compte qu’ils transitent par des opérations de jeux. Épaulés par leurs collègues du Groupe interministériel régional (GIR), ils identifient le patron d’un bar tabac de Chambourcy qui sert d’intermédiaire pour ouvrir des comptes de jeux en ligne.

Les sommes obtenues, grâce aux crédits bancaires frauduleux, alimentaient ces comptes clients. D’autres comptes de la FDJ, uniquement dédiés aux paris sportifs, étant ouverts sur Internet grâce aux cartes de crédit associées aux comptes bancaires.

« L’argent des gains et celui qui n’avait pas été utilisé pour jouer étaient récupérés par les malfaiteurs comme s’il avait une provenance légale et pouvait être utilisé tranquillement pour investir » précise au Parisien une source proche de l’affaire.

•• Quatre suspects ont donc été interpellés la semaine dernière à Chambourcy, Achères, Mézy-sur-Seine et Troyes (Aube). Lors des perquisitions, les policiers ont mis la main sur des documents bancaires les liant aux comptes suspects.

Durant leurs auditions, les mis en cause ont tenté de minimiser leur implication dans les escroqueries et le blanchiment, assurant que la majeure partie de l’argent ayant servi à ouvrir les comptes a été perdue.

•• Selon l’enquête, c’est Édith, une femme de 37 ans complètement dépendante aux jeux d’argent, qui aurait mis en œuvre cette affaire, y associant Alain, un joueur habituel, et sa copine. Ce jeune vendeur de carrelage, devenu ensuite complètement accro aux jeux d’argent, avait accepté d’ouvrir des comptes chez le buraliste de Chambourcy. « Mais quand j’ai compris d’où venait l’argent et ce qu’on risquait, je lui ai ordonné d’arrêter … », a-t-il certifié au juge, assurant qu’il allait faire soigner sa dépendance au jeu.

Le buraliste, installé à Chambourcy depuis un peu plus d’un an, reconnaît s’être « un peu laissé entraîner » et « ne pas avoir été assez regardant » sur les règles concernant les clients des jeux d’argent.