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29 Déc 2019 | Trafic
 

Depuis la publication du décret permettant de pénalisant les acheteurs de cigarettes à la sauvette (voir 27, 26 et 20 décembre), Le Parisien est parti enquêter sur le principal « spot » parisien, à Barbès (18ème arrondissement) … Extraits

La nouvelle n’aurait pour l’instant pas bouleversé le marché clandestin parisien. En ce vendredi 27 décembre après-midi, aux abords du métro Barbès, ils sont une bonne dizaine de vendeurs à attendre le chaland (voir 11 décembre).

•• « C’est 6 euros, le paquet » indique l’un des revendeurs en montrant une boîte de Marlboro avec des inscriptions sanitaires en arabe. « Trop cher ? Attends, on en a aussi à 5 euros », poursuit-il en appelant un « collègue « de l’autre côté de la rue. Cette fois, le paquet (de Marlboro toujours) porte des inscriptions en anglais.

De la contrefaçon ? « Non, c’est des paquets qu’on a moins cher dans les avions » assure le commerçant clandestin en avouant être déjà au courant de la nouvelle contravention que risquent ses clients.

Plus loin, un jeune homme, qui vient d’acheter ses « Marlboro bled » dans la rue, manque de s’étouffer à l’annonce de l’amende de 135 euros. « C’est sûr, ça fait cher le paquet. En même temps, ici, les keufs ont autre chose à faire que de courir après des gens comme moi » conclut-il, serein.

•• « La traque des clients des sauvettes ne sera peut-être pas une mission prioritaire de la police » reconnaît, quant à lui, Philippe Alauze, secrétaire général de la chambre syndicale des buralistes d’Ile-de-France. « Mais ce texte est quand même une très bonne chose. C’est un signal fort de l’État et cela va peut-être sensibiliser les acheteurs sur la gravité du trafic » poursuit-il en s’alarmant de l’explosion des « sauvettes » en Ile-de-France.

« Selon les chiffres de la Douane, notre administration de tutelle, près de 30 % des cigarettes fumées en France proviennent du trafic. Si rien n’est fait, on sera à 40% fin 2020 » estime le professionnel.

•• La brigade spéciale « sauvette », dont le commissariat du 18ème arrondissement s’est doté en 2017, a interpellé près de 200 revendeurs cette année. Mais ces « petites mains » du trafic (qui ne conservent par prudence que 2 ou 3 paquets sur eux) sont difficilement « sanctionnables ».

« Cibler leurs clients, c’est un outil de supplémentaires pour aller plus loin dans la lutte contre ces trafics » résume-t-on à la préfecture de police où l’on prévoit les premières contraventions d’acquisitions « sans doute, dès janvier prochain ».