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5 Fév 2013 | Observatoire
 

Disons tout net ce que nous avons déjà laissé entendre (voir Lemondedutabac du 27 septembre), mais il se trouve que de hauts fonctionnaires caressent l’idée d’« encadrer », d’accompagner, voire de légaliser la vente de tabac sur internet.

Tout cela, au nom d’une certaine complaisance devant une modernité mal digérée (« tout passe par internet ») et pour dépasser une impuissance certaine à juguler le développement du marché parallèle sur la toile.

On peut estimer aussi que ce serait une bonne façon de démanteler un réseau physique de commerçants de proximité, astreints à stricte  réglementation, comme les buralistes. On pourrait d’autant plus s’en convaincre si l’on regarde de quelle façon les choses sont en train d’évoluer  au niveau des pharmacies.

• 1er acte : le 31 décembre dernier est publié le décret d’application d’une ordonnance, signée par Marisol Touraine, autorisant la vente par internet de certains médicaments sans ordonnance (voir Lemondedutabac du 23 décembre) . Ceci, en vertu de la transposition d’une directive européenne. Sachant que les sites vendeurs doivent être rattachés à un pharmacien disposant d’une officine. Et devraient être soumis à autorisation des agences régionales de santé et de l’Ordre des pharmaciens (qui était contre le projet d’autorisation de vente sur internet, sans s’y opposer très vigoureusement …).

• 2ème acte : depuis le début de l’année, les sites prolifèrent sans que la moindre autorisation ne soit encore accordée. Les Echos de ce matin évoquent des cas de quantités, vendues par transaction, dépassant les normes fixées. Des cas, aussi, de vente de produits non autorisés. Une place de marché comme PriceMinister est entrée dans le jeu. Rien à voir avec une officine. Et le ministère de la Santé annonce une campagne de communication en faveur de la vente de médicaments sur internet …

• 3ème acte : Leclerc annonce qu’il a demandé, pour sa part, une autorisation. Michel-Edouard Leclerc déclarant au Parisien : « les pharmacies qui vont se lancer sur le web n’auront pas les moyens logistiques d’une livraison nationale ».

• 4ème acte : Michel-Edouard Leclerc a confirmé aussi, hier sur Canal +, sa volonté de vendre dans ses magasins physiques des médicaments sans ordonnance, pour « ouvrir la concurrence » … Aujourd’hui, les centres Leclerc exploitent 180 parapharmacies et emploient 210 docteurs en pharmacie.

A méditer.