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16 Fév 2018 | Pression normative
 

Un journaliste de La Dépêche du Midi a envoyé « pour l’exercice » un jeune de 17 ans « à l’air juvénile » acheter un paquet de cigarettes dans un débit de tabac de Tarbes … et le buraliste s’est exécuté sans rien lui demander.

•• Et face d’un lycée, les quelques fumeurs en rajoutent : « J’arrive, je demande un paquet et voilà », explique Simon, 16 ans. « Je pense qu’ils s’en foutent. En 4ème, il y en a qui y allaient », renchérit Lucas, 16 ans également. Raphaël, 17 ans, estime lui qu’« il est plus facile d’avoir des cigarettes que de l’alcool ».

•• Et ce n’est pas Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le Tabagisme, qui va contredire : elle rappelle une étude effectuée sur 430 « débits représentatifs » révélant un taux de 62 % d’établissements vendant aux mineurs. Seulement, cette étude remonte à 2010. « Il n’y a pas d’étude récente sur l’interdiction de vente aux mineurs », admet la directrice du CNCT et ce, malgré la systématisation du contrôle de l’âge des clients par la Loi Santé de Marisol Touraine.

•• « Nous, on demande la pièce d’identité », déclare à La Dépêche Thierry Arnaudin (photo), président de la chambre syndicale des Hautes-Pyrénées.

« Sur notre département, les buralistes savent les risques qu’ils encourent. Si l’on veut continuer à travailler avec l’État, il faut qu’on soit irréprochables. Mais des buralistes un peu pendus financièrement vont vendre aux mineurs » explique-t-il.

En plus de « mises en garde » personnelles, Thierry Arnaudin confirme qu’il y a des contrôles internes sur la vente de tabac et aussi pour les jeux. S’y ajoutent des contrôles avec l’intervention de sociétés extérieures, en plus des autorités.

•• Le buraliste insiste aussi sur les effets de la contrebande de tabac qui, elle, échappe à tout contrôle …