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31 Oct 2019 | E-cigarette
 

Après un panorama des turbulences de la cigarette électronique outre-Atlantique (voir Lmdt du 30 octobre), Marie-José Cougard, responsable de la rubrique « Consommation » des Échos, se penche sur la situation hexagonale où les ventes ont plongé de -10 % à -40 %, selon les boutiques spécialisées. 

 Notre chiffre d’affaires a baissé de 20 % depuis le mois de septembre. C’est la première fois en dix ans. Nous avons dû rassurer nos 150 salariés » constate Olivier Martzel, directeur général de Gaïatrend, qui se revendique leader sur le marché français des e-liquides (voir Lmdt des 23 et 9 octobre 2018).

•• Les plus de 30 décès associés à de mauvais usages de l’e-cigarette, aux États-Unis, ont eu un effet boomerang très important : les ventes de produits de la vape ont reculé de 15 à 20 % chez les buralistes et de 10 à 40 % dans les boutiques spécialisées.

Pour Olivier Martzel, il ne fait pas de doute que « les décès Outre-Atlantique sont dus à la consommation de substances interdites, telles que le tetrahydrocannabinol (THC) ou la vitamine E sous forme d’huile ou le diacétyle. » 

•• En France, les e-liquides contiennent quatre substances normalisées – par l’Association française de Normalisation (Afnor) – à la demande des représentants des fabricants : propylène glycol, glycérine végétale, nombreux arômes autorisés par l’Union européenne et nicotine à divers taux (6) mais toujours inférieurs à 20 mg par millilitre (contre 60 mg aux États-Unis).

Gaïatrend élabore ses recettes dans son laboratoire et s‘appuie sur un département R&D, dans lequel il investit de 1 à 2 millions par an avec l’aide d’un crédit recherche. Une partie des cent industriels français de la cigarette électronique préfèrent externaliser la fabrication des liquides. Mais tous doivent déposer les recettes sur une plateforme européenne depuis 2017.

•• Pour Gaïatrend, les perturbations actuelles du marché ne dureront pas. L’entreprise veut croire dans la poursuite du développement de la cigarette électronique. C’est, selon Olivier Martzel, « la meilleure alternative à la cigarette classique » et « le meilleur moyen de sevrage ».

Gaïatrend a investi 4,4 millions d’euros dans un outil de logistique automatisée. Il produit 250 000 flacons de 10 millilitres par jour, dont 10 % sont exportés vers des pays frontaliers. Et table sur un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros en 2019.

•• La filière espère « une prise de position claire des pouvoirs publics sur la cigarette électronique » reprend Les Échos. Une étude à l’échelle nationale est en cours, sous la responsabilité du professeur en addictologie Ivan Berlin, qui doit mesurer son efficacité par rapport aux substituts nicotiniques. Les résultats devaient être connus d’ici à dix-huit mois.

•• Le marché global de la e-cigarette (matériel, importations, grossistes, fabrications, e-liquides, ventes) est estimé par l’institut d’études Xerfi à un peu moins d’1 milliard d’euros en France. Les vapoteurs sont 3 millions en France, toujours selon Les Échos.

Lequel estime à 2 950 le nombre de boutiques spécialisées, soit une hausse de 18 % en cinq ans. En outre, près de 1 000 buralistes en distribuent, avec une offre diversifiée et complète.