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30 Sep 2019 | Vapotage
 

Le premier secrétaire du PS et député de Seine-et-Marne est un gros utilisateur de cigarette électronique. Dans la dernière édition du supplément M du Monde, Olivier Faure raconte son « addiction », dans le contexte de remise en cause aux États-Unis et d’interdictions que l’on connait (voir Lmdt des 28, 25, 18 et 17 septembre).

« À Ivry, au nouveau siège du Parti socialiste, mon bureau est entièrement vitré. Ce jeudi matin, Soraya, qui s’occupe de la communication, a placardé sur l’un des murs la « une » du Parisien du 19 septembre : « Le vapotage sous haute surveillance ». Je crois entendre qu’elle me crie : « Tu as vu ! tu as vu ! » Non, je n’avais pas lu. Alors, forcément, je jette un œil.

Et le premier truc qui me vient, c’est : « Ça y est, on est menacés. » Quand je dis « on », je veux parler de tous ceux qui, comme moi, ont quitté le tabac pour vapoter.

•• « Dès qu’il y a une information alarmante sur la cigarette électronique, j’ai le privilège d’avoir un entourage qui se précipite pour me la transmettre. Ce sont mes vigies. Je me dis que ce sont des gens bienveillants, qui ont plutôt envie que je reste vivant. 

Mais moi, pour être franc, je me sens en sécurité avec ma vaporette. Car je sais d’où je viens : j’ai été un très grand fumeur. Et je sais que je ne serai probablement jamais guéri : je resterai un grand fumeur jusqu’à la fin de ma vie. J’ai commencé très tôt, à 13 ans. J’ai arrêté une fois.

•• « Puis j’ai pensé qu’en reprenant une cigarette de temps en temps je pourrais me réguler. Erreur. J’ai replongé. Mais voilà, je suis un papa et quatre enfants, c’est du sport ! Je veux rester en forme pour eux, et à ce rythme-là, le plus petit allait bientôt me distancer à vélo. 

Alors, il y a trois ans, j’ai acheté ma première vaporette. C’était une véritable bouée de secours. Je pouvais enfin m’en donner à cœur joie tout en retrouvant mon souffle.

•• « Je persiste à dire qu’elle a beaucoup d’avantages et si elle arrive à faire décrocher de nombreux grands fumeurs comme moi, c’est tant mieux.

Pour lutter contre ce fléau du tabac, elle reste une immense alliée. A l’époque, je l’avais même dit à Marisol Touraine, quand elle était la ministre de la Santé de François Hollande. Mais, attention, je ne suis pas le Dupond-Moretti de la vaporette !

•• « Dans un monde idéal, j’aimerais arrêter. Mes proches, mes amis, mes collaborateurs pensent que je suis accro à la vaporette. Ils se trompent : je suis toujours obsédé par la cigarette.

« J’ai juste changé de joujou. Je ne fais jamais deux pas sans savoir où est ma cigarette électronique. J’ai un entourage qui veille à ce qu’on ne la voie pas sur les photos, qu’elle soit rangée pendant mes entretiens, mes discours… Alors je laisse mes proches me la confisquer. Mais, attention, ils savent que c’est une mission périlleuse. Il ne faut pas qu’ils la cassent ou qu’ils la perdent … ».