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25 Mai 2019 | E-cigarette
 

5 400 fumeurs et 2 025 ex-fumeurs ont été passées au crible par l’Inserm (Institut national de la Santé et de la Recherche médicale) dans la cadre du programme Constances – une cohorte géante de 200 000 personnes suivies depuis 2012 – dont les premières conclusions ont été présentées ce jeudi 23 mai (voir aussi Lmdt des 4 février 2019 et 21 novembre 2018). 

L’essentiel de ce qui en ressort (et en prenant les précautions d’usage).

•• En France, environ 3% des habitants vapotent. La majorité sont des fumeurs qui essayent d’arrêter.

« Nous avons cherché à savoir si ces personnes avaient plus de chances d’arrêter avec cet outil ; et si le fait de vapoter prédit le succès de l’arrêt du tabac, c’est-à-dire un arrêt durable », a expliqué à BFM TV Maria Melchior, directrice de recherches à l’Inserm.

•• Parmi 2 025 personnes suivies qui s’étaient arrêtées de fumer, environ 10 % s’étaient aidées du vapotage. Et chez les 5 400 fumeurs, les personnes qui ont vapoté ont diminué leur consommation de tabac. Au bout de deux ans, en moyenne, ces fumeurs utilisant la cigarette électronique ont plus réduit leur niveau de tabagisme que les non-utilisateurs : à hauteur de 4,4 à 2,7 cigarettes par jour.

Autre résultat, 40 % des vapofumeurs ont arrêté de fumer pendant le suivi, contre 25% des fumeurs qui n’utilisaient pas la cigarette électronique.

•• « Oui, vapoter peut aider à arrêter de fumer mais ce n’est pas toujours un arrêt durable » note Maria Melchior. Les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs (31 contre 16%).

Selon la chercheuse de l’Inserm, « ce résultat sous-entend un risque : que la cigarette électronique entretient l’addiction à la nicotine. Par exemple, quand elle ne fonctionne pas, qu’il n’y a plus de liquide, plus de batterie etc., on peut être amené à refumer ».

•• « Le plus efficace reste la motivation. Cela souligne l’intérêt pour les gros fumeurs notamment de se faire aider pour limiter le risque de rechute, car la cigarette électronique ne suffit pas toujours », conclut Maria Melchior.

Le recueil de données se poursuit pour mesurer de nouveaux critères chez ces fumeurs, vapoteurs ou ex-fumeurs ; comme la durée moyenne de vapotage ou le volume de e-liquides consommés par semaine, par exemple.