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19 Nov 2017 | E-cigarette
 

À mi-parcours du « Moi(s) sans tabac », Olivier Martzel (directeur général de Gaïatrend- Alfaliquid / voir Lmdt des 30 octobre et 27 septembre) monte au créneau dans Le Cercle des Échos.fr sur la place du vapotage dans la politique de lutte contre le tabac. Avec des arguments qui ne manquent pas de pertinence.

 Extraits.

« La carotte ou le bâton ? En matière d’incitations faites aux fumeurs pour qu’ils oublient enfin la cigarette, le second a jusqu’à présent été largement plus utilisé (hausse du prix du paquet, interdiction de fumer dans un nombre croissant de lieux, etc.).

« Ça se comprend : en la matière, le bâton est à la fois plus facile à identifier et à manier que la carotte. Il peut par ailleurs avoir l’avantage de rapporter quelque peu au budget. Sauf que les bons résultats se font attendre.

•• « Le « Moi(s) Sans Tabac », en novembre, est un premier pas dans ce sens. Initiée par le Ministère de la Santé en 2016, cette démarche est en effet positive et déculpabilisante (…) Une petite carotte en somme … qui ne demande qu’à grandir (…) 

•• « Un pas supplémentaire et conséquent pourrait être fait à moyen terme. Il consisterait à reconnaître la vape – c’est-à-dire l’usage de la cigarette électronique – comme outil pertinent dans la politique de lutte contre le tabac, au même titre que les patchs et autres thérapies cognitives, tout en lui conservant ses spécificités (en matière de distribution notamment). L’usage de  » la carotte  » est en effet la raison d’être de la vape : elle permet aux fumeurs de laisser tomber la cigarette sans pour autant se priver de la gestuelle et de la saveur de cette dernière – via un recours aux arômes notamment.

Plus d’un million de personnes y ont recours en France et de nombreux témoignages attestent de son efficacité en matière de sevrage tabagique. Au Royaume-Uni, la vape est d’ailleurs officiellement associée au Moi(s) sans tabac (Stoptober) et remporte un véritable succès : 53% des fumeurs qui s’engagent dans l’opération outre-Manche l’utilisent, ce qui fait de la vape le premier outil de sevrage tabagique.

•• « Cette étape de reconnaissance sera-t-elle un jour franchie en France ? Les pouvoirs publics n’y sont a priori pas opposés : ils ont lancé des études cliniques pour évaluer scientifiquement l’efficacité de la cigarette électronique comme outil de sevrage et y fonder une éventuelle décision. Les résultats seront connus en 2019.

•• « Reste que la vraie reconnaissance de la vape est avant tout entre les mains de la profession. En France, plus de 200 entreprises composent en effet ce secteur – fabricants de liquides et de matériel distribués dans plus de 2 200 boutiques spécialisées (sans compter les milliers de buralistes qui s’impliquent de plus en plus dans la vente de la cigarette électronique /ndlr) – qui est né il y a seulement quelques années. Très rapidement, des progrès importants ont été faits en matière de normalisation et de qualité des e-liquides pour rendre leur utilisation sécurisée (plus grand emploi de produits de qualité pharmaceutique, meilleure information des vapoteurs, etc.). Dans un contexte de méfiance généralisée, ne serait-il pas néanmoins pertinent d’aller encore plus loin ?

•• « Les étiquettes des e-liquides, par exemple, ne devraient-elles pas mentionner systématiquement l’ensemble des allergènes ? Les professionnels qui distribuent les produits ne devraient-ils pas bénéficier d’une formation spécifique pour conseiller les fumeurs qui souhaitent s’arrêter grâce à la vape ? Les ingrédients clefs des e-liquides ne devraient-ils pas être systématiquement de qualité pharmaceutique ?

Telles sont les questions auxquelles le secteur doit répondre pour relever le défi de sa professionnalisation. Il en va de sa reconnaissance en tant qu’acteur légitime dans la lutte contre le tabac et, osons l’affirmer, de la garantie de sa pérennité. La carotte aussi a intérêt à éviter le bâton. »