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25 Mai 2018 | Profession
 

Une buraliste qui avait refusé de délivrer un colis à une musulmane voilée, au motif qu’elle ne pouvait pas contrôler son identité, a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel d’Albi, rapporte une dépêche AFP tombée tard ce jeudi soir (voir Lmdt du 24 mai).

•• La plaignante avait expliqué que son visage restait visible lorsqu’elle a présenté sa carte d’identité pour récupérer son colis, en avril dernier.

Cette convertie, âgée d’une trentaine d’années, avait accepté d’enlever son voile à l’écart des regards des hommes, ce que la commerçante avait refusé. La cliente avait alors porté plainte pour discrimination en raison de la religion.

•• Le Mrap et la Licra s’étaient portées partie civile, réclamant entre 1 500 et 2 000 euros de réparations.

•• La buraliste albigeoise comparaissait pour « refus de biens ou services au profit d’une personne physique ou morale en raison d’une appartenance supposée ou non à une religion déterminée ». Elle a affirmé qu’elle n’avait « rien contre la religion, nous avons même refusé de servir une religieuse qui refusait d’enlever son voile ». Elle a dit avoir « peur » depuis un braquage d’un bureau de poste à proximité.

Plaidant la relaxe, son avocat Maître Simon Cohen a accusé les parties civiles de « pratiquer l’amalgame », arguant que « dans ce bureau de tabac, la règle est appliquée pour tous ».

•• Le procureur a requis trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende. Le tribunal rendra son jugement le 28 juin.