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19 Mar 2021 | Profession
 

« C’est une évidence . Il faut nous diversifier », déclare Élisabeth Marette (présidente des buralistes du Puy-de-Dôme) dans La Montagne qui consacre un dossier à la transformation du réseau. 

« La presse ayant elle aussi baissé, nous vendons désormais des jeux, des timbres, des cigarettes électroniques, nous encaissons les impôts (via le Point Paiement de Proximité), nous faisons relais poste … Il n’y a pas de limite à ce que nous pouvons vendre : j’ai même vendu des Saint-Nectaire ! »

Il faut dire que, même si les campagnes anti-tabac affectent sensiblement ces commerces (consommation divisée par deux en quarante ans), ils sont ouverts six jours sur sept en général, parfois sept sur sept, avec une amplitude horaire inégalée. Une réalité reconnue par le gouvernement qui accompagne leur Transformation en « commerçants d’utilité locale » .

•• « La vente des cigarettes, ça baisse et ça va continuer » explique un buraliste à Clermont-Ferrand. « Alors je vends du pain, du fromage Et j’aimerais arrêter la presse magazine. Ça ne rapporte rien, ça prend du temps et surtout de la place : tout un mur. Ça me permettrait de faire autre chose. Je ne sais pas quoi encore, mais j’y pense. »

Chez lui, la clientèle entre et sort en permanence et il y a sûrement des centaines d’idées d’articles à proposer : « la proximité, c’est notre force. »

•• Mais si cette diversification est quasi générale, chacun la pratique à sa manière. « J’ai passé mon enfance dans les bureaux de tabac avec mon père », se souvient un buraliste à Chamalières , « pour moi, ces commerces, c’était le tabac et les bonbons ».  Après les classiques (bonbons, vapotage), il envisage de vendre de la bière de La Bourboule, « parce que je viens de là. Il faut défendre son coin ».

•• À Longues, un collègue vend des articles de pêche depuis des années, mais il souhaite aller plus loin : « « j’ai fait appel au fonds de transformation des buralistes (pour tout changer. J’aimerais vendre des produits du terroir. »

« La diversification ! Où voulez-vous que je la mette ? » s’interroge une buraliste à Veyre-Monton. « Mon commerce est tout petit, alors je ne vends que des cigarettes et quelques bonbons. Même pour les colis, je n’ai pas la place, alors la diversification, je ne suis pas contre, mais ça n’est pas pour nous. »

•• À Plauzat, un petit kiosque, juste à l’entrée, propose déjà tout autre chose : « ce sont des produits bio, cosmétiques, de l’huile d’origan sans tabac bien évidemment » détaille le buraliste qui envisage d’autres choses encore.

« J’ai déjà été contacté par des entreprises qui me proposent de la quincaillerie, des bijoux fantaisie, tout un tas d’articles Et maintenant, ce sont les applications comme monburalisteshop.com qui proposent des foulards, des sacs et tout un tas d’accessoires féminins. » Un principe qui le séduit avec une réserve toutefois : la place. « Il faudrait que je fasse des travaux. Je ne peux pas pousser les murs ! »