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25 Avr 2019 | Trafic
 

La Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes (JIRS) – compétente dans le grand banditisme et les trafics internationaux – a condamné, lundi 22 avril, cinq ressortissants hongrois à des peines allant de 18 mois à 6 ans de prison pour un trafic de cigarettes de contrebande. Par contumace. 

C’est une vielle histoire mais elle lève un coin du voile sur les méthodes des réseaux mafieux investissant dans le tabac de contrebande.

•• Les faits remontent au … 7 octobre 2009 où les douaniers du port de Roscoff (Finistère) avaient saisi 6 tonnes de « Regal King Size ». Les 30 000 cartouches de contrebande étaient cachées derrière 503 cartons de croquettes « Big Dog », d’origine hongroise, à destination du Royaume-Uni.

Le chauffeur de la société de transports, basée à Saint-Pol-de-Léon (à 5 kilomètres de Roscoff), avait été mis hors de cause après sa garde à vue. Il s’apprêtait à embarquer quand les douaniers ont contrôlé son véhicule.

•• Les cigarettes, « probablement fabriquées en Moldavie », avaient été chargées dans un entrepôt intermédiaire de Saint-Martin-des-Champs (près de Mantes-La-Jolie dans les Yvelines). Les enquêteurs ont pu identifier cinq autres transports effectués par la même équipe hongroise, entre novembre 2008 et mai 2009. « Il est probable que les premiers transports n’aient pas contenu de cigarettes », explique la procureure, « il fallait tester la route ».

Elle a décrit des organisations très hiérarchisées, « qui se jouent des frontières, s’adaptent à la législation des états et alimentent la corruption dans toute l’Europe » et réclamé des peines sévères, équivalentes à celles du trafic des stupéfiants.

•• Aucun des cinq ressortissants hongrois n’était présent devant le tribunal pour s’expliquer. Ils n’étaient pas non plus représentés par un avocat.

L’un d’entre eux, 46 ans aujourd’hui, est décrit comme « le logisticien de l’équipe », celui qui réceptionne la marchandise et « s’assure que la transition entre les camions d’Europe de l’Est et de l’Ouest se fasse sans encombre ». Il a été condamné à 4 ans de prison ferme.

Un autre, 62 ans, serait « le financeur et le décideur », organisant les sociétés écran et les transferts d’argent mais restant absent du terrain : il a écopé de 6 ans de prison ferme. Les trois autres, au rôle plus modeste « d’hommes de main », sont condamnés à des peines de 30 mois et 18 mois de prison.

Un mandat d’arrêt est décerné contre chacun d’entre eux. Les deux principaux protagonistes sont également condamnés à payer une amende douanière de 1,5 million d’euros. S’ils sont retrouvés.