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6 Juil 2020 | Trafic
 

En France, 1 jeune sur 4 fume du tabac à chicha, au moins une fois par mois. Pourtant les buralistes tirent la sonnette d’alarme : ils en vendent de moins en moins.

« Les mafieux ont pris le marché » dénonce Bernard Gasq (président de la Fédération des buralistes Ile-de-France / Seine-Maritime / Oise et administrateur de la Confédération) dans une enquête au JT de 20 heures de TF1, ce 5 juillet (voir 19 juin 2020 ).

•• Son établissement du Perreux-sur-Marne a vu effectivement ses ventes de chicha s’effondrer. Alors qu’il vendait encore une centaine de paquets, il y 5 ans, il n’en écoule plus que quelques unités par mois. « Vous voyez ce paquet plein de poussière, ça fait six mois qu’il est là … J’y crois plus, c’est fini. Je ne vendrai plus ce produit » se plaint-il face aux caméras.

La raison ? : il est désormais possible d’en trouver sur Internet à des prix imbattables.

Alors que le buraliste vend son paquet 11 euros les 50 grammes, les trafiquants en proposent un kilo pour 70 euros, soit quatre fois moins cher. Un trafic exposé au grand jour qui voit se multiplier les annonces proposant des produits venus du Maghreb, d’Allemagne ou de Turquie.

•• L’équipe de TF1 a rencontré un revendeur en caméra caché. Comme prévu, l’homme qui appartient à un réseau propose un kilo venu d’Allemagne : « on livre tous les soirs et parfois en journée », assure-t-il.

L’homme sert aussi de grossiste pour les bars à chicha, ses principaux clients. « En quantité, on peut fournir 50, 100 kilos. On a un box, et on entrepose en toute sécurité », poursuit-il.

Les gérants de bar à chicha ne paient ainsi aucune taxe. Cela leur permet de doubler leurs bénéfices, comme l’explique l’un d’entre eux : « quand tu prends une tonne, tu paies 36 000 ou 37 000 euros, tu le revends (le kilo) 70 euros minimum, tu prends le double » explique-t-il pour se justifier.

•• En France, 95 % des quantités seraient achetées illégalement. De plus, les prises des douanes restent encore exceptionnelles, toujours selon TF1. De rares coups de filet, dont le dernier en date remonte à 2018, avec 11 tonnes saisies à Lille (voir 3 octobre 2018).

Un constat qui n’étonne pas Mathieu Zagrodzki, expert en sécurité. Les autorités ont selon lui d’autres priorités. « Le tabac à chicha est un produit légal mais sa distribution est réglementée. L’infraction, c’est juste de le distribuer en dehors du circuit légal, ce qui n’a rien à voir avec la distribution de drogue qui, elle, est illicite » avance-t-il.

(Voir aussi 30 et 22 juin 2020).