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21 Mai 2019 | Trafic
 

Dans les déclarations qui se sont multipliées à l’occasion de la mise en oeuvre officielle de la traçabilité des cigarettes (voir Lmdt de ce jour et du 20 mai), l’une du sénateur socialiste des Hauts-de-Seine Xavier Lacovelli laisse les professionnels de la filière tabac songeurs.

La déclaration en question est la suivante : « nous savons à présent que plus de 98 % du commerce parallèle du tabac est composé de cigarettes qui sortent des usines des quatre majors du tabac » (voir Lmdt des 20 mai 2019 et 25 novembre 2018). Sous-entendu : les fabricants livrent directement le commerce parallèle.

•• Les professionnels en question invitent à consulter le rapport Sun de KPMG sur la contrebande et la contrefaçon en Europe en 2017 (voir Lmdt des 31 juillet ainsi que des 9 et 10 août 2018) commandé par l’institut anglais RUSI (Royal United Services Institute for Defence and Security Studies). Lequel, certes, a reçu un financement de la part de British American Tobacco et de Philip Morris International. Mais si son financement est (forcément) contesté par certains, sa méthode l’est moins.

•• Ces professionnels rappellent, en gros, que le rapport KPMG 2017 souligne surtout que 2 % du tabac illégal correspondent à de la pure contrefaçon et 10 % relèvent du phénomène des « marques blanches » (« illicit whites ») : c’est-à-dire des produits fabriqués par d’autres fabricants que les « quatre majors » (en Moldavie, dans l’enclave de Kaliningrad, aux Émirats Arabes Unis ou en Chine …) et déversés clandestinement sur les marchés parallèles de l’Europe occidentale.

Les 88 % restants sont des produits de marques internationalement connues et dont l’approvisionnement (par de simples particuliers ou des bandes organisées) se fait dans les points de vente – ou chez les grossistes – de pays où les prix homologués officiellement sont sensiblement plus bas que le marché destinataire.

Ces produits ne sortent pas directement d’usine et sont donc achetés dans un réseau légal avant de passer les frontières frauduleusement, c’est-à-dire en dehors des limites autorisées, remarquent ces mêmes professionnels.