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16 Mar 2018 | Trafic
 

De novembre 2015 jusqu’à son démantèlement, il y a un peu plus d’un an (voir Lmdt des 21 et 17 décembre 2016), tout un  trafic de fourmis du tabac faisait son petit bonhomme de chemin : un trafic familial bien rodé entre Toulouse et Andorre. 

Mais ce jeudi 15 mars, trois frères et leur cousin ont comparu devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Même si les trafiquants ont été peu loquaces quant aux bénéfices réels engendrés et aux nombres d’allers et retours effectués, l’audience relatée par La Dépêche nous apprend un certain nombre de choses.

•• Ce qui est sûr : pendant deux ans, trois à quatre fois par semaine, cette famille organisait des convois à destination d’Andorre.

Des « passeurs » étaient récupérés sur la place du marché, quartier Bagatelle à Toulouse, et les « chefs » du convoi les déposaient au Pas de la Case, haut lieu de la vente de tabac à l’entrée de la Principauté. Les « passeurs » devaient alors s’approvisionner dans le magasin d’un certain « José ».

Puis, avec près de 250 cartouches stockées dans des sacs à dos, ils empruntaient des chemins de randonnée pour éviter le contrôle des douanes (voir Lmdt du 19 décembre 2016). Après plusieurs heures de marche, en contrebas de ces chemins, les chefs venaient les récupérer le long de la Nationale 22 et empruntaient la même route qu’à l’aller, le coffre chargé de cartouches, direction Toulouse. Puis d’autres équipes, chargées des ventes et des comptes, venaient les réceptionner.

•• Les relevés téléphoniques ont été révélateurs. Avec un prix d’achat de la cartouche au Pas de la Case, compris entre 25 et 28 euros, et un prix de revente en France estimé entre 35 et 38 euros, les membres du réseau se faisaient au moins 12 euros de marge sur chaque cartouche. Selon les intéressés, depuis 2015, 20 000 cartouches auraient été importées à Toulouse.

•• Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Un des frères a été condamné à 12 mois de prison ferme et les autres prévenus ont été condamnés 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis ; sans maintien en détention pour tous. Les amendes douanières sont élevées : 28 000 et 56 000 euros.

Nous reviendrons prochainement sur les enseignements de ce procès, riche d’enseignements à plus d’un titre.