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11 Jan 2015 | Trafic
 

… Car il y a bien souvent rapport. Le tabac de contrebande – si facile à dérober, à transporter et à écouler – représentant une source facile et universelle de financement pour toute autre activité malfaisante. Et en ne prenant pas de risques démesurés.

Historiquement, on sait que l’organisation irlandaise IRA s’est toujours financée par le trafic du tabac. Des « ex » se livrant d’ailleurs toujours à cette activité aussi lucrative qu’illégale Outre-Manche (voir Lmdt du 12 octobre 2013).

Plus récemment, on a découvert que le leader de « Al-Qaïda au Maghreb Islamique » répondait au sobriquet de « Mister Marlboro », allusion directe à la nature du trafic alimentant ses diverses entreprises guerrières (voir Lmdt des 17 et 31 janvier 2013).

Dans sa dernière livraison, la publication de réflexion et de débats La Revue Civique, d’inspiration libérale, a publié une intéressante interview de Louise I. Shelley, universitaire et chercheuse américaine dirigeant le « Terrorism, Transnational Crime and Corruption Center » dépendant de l’université George Mason (Virginie). Extraits :

« Les réseaux criminels et terroristes se pensent comme un grand commerce, de manière très rationnelle. Ils se développent dans l’économie illicite, et concernent principalement le monde développé.
« On ne doit pas seulement parler de financement du terrorisme mais aussi de commerce de terroristes (…) Ils opèrent pour cela des diversifications étonnantes.
« Je commence mon livre par l’attentat commis dans le sud de l’Algérie, où les terroristes ont financé leur organisation par le trafic de cigarettes, puis par les prises d’otages d’Européens ».

Plus précisément, Louise Shelley explique en quoi le trafic de cigarettes est une source de financement : « une partie des cigarettes vendues en France l’est de manière illicite. Un tiers de ce marché illicite provient d’Afrique du Nord. Les cigarettes vendues en contrebande sont transportées par petits lots, par mules, un peu partout en Afrique du Nord ; elles sont donc très difficiles à détecter et donc à stopper. On dit que pour la drogue, environ 10 % des marchandises sont arrêtées par la douane ou la police. Pour les cigarettes, c’est seulement 1 à 2 % ».