Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
1 Déc 2018 | Observatoire
 

Dans une tribune publiée sur Atlantico, ce 30 novembre, le groupe Les Arvernes (voir Lmdt des 6 novembre et 26 juillet) poursuit sa dénonciation de la « pression fiscale excessive » que l’on retrouve ces jours-ci dans les revendications des Gilets Jaunes.

Selon les signataires, le sentiment dominant chez les Français ce n’est pas la peur mais l’exaspération … et ils citent à plusieurs reprises la fiscalité sur le tabac. Extraits.

« Dire que le pire est à venir en matière de fiscalité est sans doute juste mais insuffisant.

•• « Juste, parce qu’avec près de 100% de dette publique, une remontée inéluctable des taux d’intérêt, et surtout un Gouvernement qui comme ses prédécesseurs a méthodiquement évité de traiter le principal problème économique de notre pays, à savoir l’excès de dépense publique, tout indique que les Français payeront plus d’impôts encore, et que ce qui sera éventuellement donné d’une main (taxe d’habitation), sera plus que repris d’une autre.

•• « Insuffisant, car ce serait faire l’impasse sur la manière dont la France est dirigée depuis 2017 : de manière désastreuse.

 « Désastreuse, car la politique menée est fondamentalement une politique « à la petite semaine » (…) Pas une semaine ou presque sans que les Pouvoirs publics n’ajoutent, deçà-delà, telle ou telle mesure vexatoire. Parmi celles qui s’annoncent, une nouvelle hausse des prix du tabac à compter de mars 2019, pour atteindre 10 euros le paquet en 2020, dont chacun comprend que, derrière des objectifs affichés de santé publique, se cache la réalité plus prosaïque d’un État impécunieux trop heureux de taxer les fumeurs (…)

 « Désastreuse, car au fond, elle est une politique de stigmatisation. Comme dans les contes, les gentils Pouvoirs publics défendent les bons citoyens contre les méchants citoyens.

Par bons citoyens, il faut entendre ceux qui habitent les métropoles hyper connectées, mangent bio, ont troqué le vélib – devenu ringard avant de disparaître – par la trottinette, roulent en Tesla etc.

« Les mauvais citoyens, eux, pour reprendre l’expression de Monsieur Castaner – bien incapable d’empêcher les gilets jaunes d’arriver rue du Faubourg st Honoré – sont ceux qui fument des cigarettes, ont le malheur d’avoir écouté les Pouvoirs publics quand ceux-ci leur conseillaient de rouler en diesel.

« Ce sont ceux qui ont l’outrecuidance, ne prenant pas le périphérique, d’estimer qu’on pourrait à bon droit rouler à 90 km/ heure sur les routes de campagne pour se rendre à son travail. Ceux qui consomment de la pâte à tartiner ou des produits contenant de l’huile de palme. Ceux, obscurantistes parmi les obscurantistes, qui ne comprennent pas que l’Union européenne est le phare du monde et qu’en attendre des résultats, la critiquer pour ses faiblesses, c’est préparer l’avènement d’un nouveau Moyen-âge.

 « Désastreuse, enfin, car elle blesse ce qui fait le sel des politiques publiques : la conciliation difficile et nécessaire d’objectifs qui sont parfois contradictoires (…) C’est plutôt le contraire auquel on assiste. En ce qui concerne l’huile de palme, exemple parmi d’autres, il aurait été souhaitable d’avoir un débat qui ne fasse pas l’impasse sur la complexité du sujet et sur le fait que beaucoup d’alternatives, comme le colza, sont moins efficaces et ont des effets plus destructeurs sur l’environnement. Un tel débat aurait montré que tous les pays ne la produisent pas de la même manière et que certains font preuve de responsabilité (…)

•• « De tout ceci une conclusion s’impose : il est urgent de cesser de prendre les Français pour des niais ou des enfants, et de mener des politiques conçues par le petit bout de la lorgnette. Et ce n’est certainement pas la création d’un énième comité Théodule ou de rencontres citoyennes qui viendra apaiser les Français qui « roulent en diesel et fument des clopes » : si l’on ajoute l’augmentation du prix du tabac et celle du diesel, il s’agit rien moins que de l’ordre de 1500 euros de plus prélevés dans leur porte-monnaie chaque année, à l’issue de ce quinquennat … »