Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
3 Nov 2019 | Observatoire
 

Le Point publie des extraits de « Souvenirs, souvenirs … » de Catherine Nay, figure du journalisme politique.

Un livre qui paraitra le 7 novembre. Nous y avons repéré l’anecdote suivante (extrait).

Ayant appris qu’il avait arrêté de fumer après son échec à la présidentielle (de 1988, ndlr), lui qui grillait Winston sur Winston les cigarettes de Georges Pompidou), je l’en félicitai : « vous devez vous sentir mieux, non ? »

« Pas du tout ! Ça ne m’a rien fait » s’était-il esclaffé, « la cigarette ne me manque pas, mon souffle n’est pas meilleur et pour le poumpoum ça ne va pas mieux. En plus, figurez-vous que ma femme et ma fille ont mis des semaines avant de s’en apercevoir ».

Là, je saisissais qu’il était vraiment déprimé.

(Voir aussi Lmdt du 28 septembre)

30 Sep 2019 | E-cigarette
 

Le premier secrétaire du PS et député de Seine-et-Marne est un gros utilisateur de cigarette électronique. Dans la dernière édition du supplément M du Monde, Olivier Faure raconte son « addiction », dans le contexte de remise en cause aux États-Unis et d’interdictions que l’on connait (voir Lmdt des 28, 25, 18 et 17 septembre).

« À Ivry, au nouveau siège du Parti socialiste, mon bureau est entièrement vitré. Ce jeudi matin, Soraya, qui s’occupe de la communication, a placardé sur l’un des murs la « une » du Parisien du 19 septembre : « Le vapotage sous haute surveillance ». Je crois entendre qu’elle me crie : « Tu as vu ! tu as vu ! » Non, je n’avais pas lu. Alors, forcément, je jette un œil.

Et le premier truc qui me vient, c’est : « Ça y est, on est menacés. » Quand je dis « on », je veux parler de tous ceux qui, comme moi, ont quitté le tabac pour vapoter. Lire la suite »

 Commentaires fermés sur Vapotage : « je me sens en sécurité avec ma vaporette » (Olivier Faure)  ,
28 Sep 2019 | Institutions
 

La mort de l’ancien Président de la République nous renvoie – au-delà du respect pour ses deux mandats de chef d’État – à une certaine image devenue désuète des acteurs politiques et à l’échec patent d’une politique anti-tabac aussi ambitieuse que déséquilibrée. 

•• L’image désuète est celle de l’homme public s’affichant ouvertement comme le grand fumeur qu’il a été, sans complexe, une bonne partie de sa vie. Comme l’attestent de nombreuses photos : en conférences de presse, lors de scènes de travail au bureau, sur les podiums de meetings, etc.

La période n’est pas si lointaine. De quoi mesurer à quel point le tabac et son usage ont désormais totalement disparu de la scène publique.

•• Autre désuétude : cette façon particulière de traiter certains sujets à la hussarde et à la légère.

« Ah ! mes chers buralistes sont là ! » s’était exclamé le président Chirac en accueillant, à l’Élysée, tous les membres du Conseil d’administration de la Confédération lors d’une cérémonie officielle de remerciements aux « acteurs de l’Euro », en janvier 2003. Avec force accolades, échanges d’anecdotes et tapes dans le dos.

Au même moment, était ouvert sur un bureau de l’Élysee le dossier du premier Plan Cancer où la simple idée de chercher à prévoir ses conséquences pour les « débitants de tabac » n’était même pas effleurée.

•• L’ échec patent correspond, donc, à ce premier Plan Cancer – inspiré non par le ministre de la Santé Mattei mais par le professeur Khayat, ami personnel du président – se traduisant par une brusque hausse des prix du tabac (près de 40 % entre octobre 2003 et début 2004), la production de chiffes spectaculaires concernant la baisse de consommation de tabac acheté en France … mais aussi par l’implantation progressive, certaine et durable d’un marché parallèle du tabac -bondissant d’un coup de 5 à 15 % -et contribuant, parmi autres facteurs, à la fermeture de 4 000 points de vente en cinq ans.

Ce manque d’anticipation, cet aveuglement devant les phénomènes des achats frontaliers et de la contrebande ont forcé le Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, à négocier et conclure en catastrophe, sous la pression des manifestations, le premier « Contrat d’avenir des buralistes » avec le président René Le Pape.

•• Ce premier plan Cancer prétendait amorcer une baisse durable de la consommation du tabac au prix d’une secousse sur les prix. La secousse s’est transformée en une baisse provisoire et illusoire du nombre des fumeurs – en 2009 on avait retrouvé le niveau de 2000 – et par une implantation durable du marché parallèle, qui reste une caractéristique majeure du marché français.

Cet échec rappelle qu’il faut plus – beaucoup plus – que l’outil des prix pour faire baisser durablement le tabagisme.

20 Fév 2017 | Observatoire
 

« Je vous félicite pour ce moment et sachez que les paysans, les ruraux, sont derrière vous parce qu’ils ont bien compris que c’était un enjeu très important … pour vous, pour votre filière, pour vos activités de service et de proximité et plus globalement pour l’intérêt de la France et de son économie ! ».

Ainsi parlait Xavier Beulin – président de la FNSEA, décédé hier – en conclusion du message qu’il avait enregistré spécialement pour être diffusé devant 6 400 buralistes réunis contre le paquet neutre, en multiplex dans cinq villes de France, trois semaines avant le vote du texte à l’Assemblée nationale (voir Lmdt du 3 novembre 2015 ). Soit le temps fort de la campagne contre le paquet neutre, le moment où le plus grand nombre de buralistes ont été réunis en même temps.

Il ne pouvait être disponible, ce lundi soir de novembre, il y a 15 mois. Aussi, il avait été proposé d’enregistrer son intervention, quelques jours avant la manifestation, pour exprimer tout le mal qu’il pensait du projet de Marisol Touraine. Une prise de parole de sept minutes, sans note, sans hésitations sur le message. Lire la suite »