Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
23 Juin 2017 | Pression normative
 

Le 4 juillet, le Premier Ministre Édouard Philippe prononcera devant l’Assemblée nationale son discours de politique générale valant programme de travail gouvernemental.

Pour ce faire, Matignon a demandé expressément aux principaux ministres de faire remonter une note sur 10 pages détaillant la vision de leur propre travail ministériel : une « feuille de route » établie par les intéressés eux-mêmes, en quelque sorte.

À charge pour le Premier ministre d’y puiser sources d’inspiration et motifs à premiers arbitrages. Les notes sont désormais remontées à Matignon.

Et concernant les propositions de la ministre de la Santé, deux médias – qui ont l’habitude de recouper leurs sources – arrivent à la même information :

• mercredi soir, L’Argus de l’Assurance avance « une forte inflexion dans la conduite de la politique de Santé ».

Et de tweeter : « Feuille de route d’Agnès Buzyn : la lutte contre le tabagisme sera intensifiée en augmentant dès 2018 le prix du tabac ».

• ce vendredi Les Échos confirme : « Agnès Buzyn veut intensifier la lutte contre le tabagisme, en augmentant rapidement et fortement, dès 2018, le prix du tabac ».

Dans la perspective rapide d’un paquet à 10 euros ? Comme on pourrait l’imaginer suite aux propos de la même ministre, la semaine dernière (voir Lmdt du 16 juin).

21 Juin 2017 | Profession
 

Le président de la Confédération a signé un courrier au ministre de la Santé, suite aux déclarations de celle-ci sur le paquet à dix euros (voir Lmdt du 16 juin).

Nous vous en livrons les principaux extraits.

•• « (…) Il va de soi que nous ne sommes en rien opposés à une politique de lutte contre le tabagisme efficace, parfaitement conscients que nous sommes des risques que le tabac représente en termes de santé publique. Nous avons d’ailleurs à plusieurs reprises proposé aux ministres de la santé successifs que le réseau des buralistes soit associé à cette politique, par exemple à travers la vente de substituts nicotiniques. Puisque le fait est là : les buralistes sont au contact quotidien des fumeurs.

•• « En revanche, les mauvais résultats de notre politique de lutte contre le tabagisme, au regard de la situation observée dans des pays voisins, montre que la prévalence tabagique en France reste forte, et peut-être ce constat pourrait-il conduire les pouvoirs publics à remettre en question les grandes orientations prises sans succès depuis des décennies.

•• « Il en est ainsi de la décision d’imposer le paquet neutre alors même que les résultats obtenus en Australie étaient peu convaincants et sans qu’il soit procédé à aucune évaluation au préalable de l’efficacité des dispositifs déjà mis en œuvre tels que les photos-choc et les messages sanitaires. Les premiers chiffres enregistrés en France laissent penser que la consommation de tabac n’en a pas été affectée. Lire la suite »

19 Juin 2017 | Pression normative
 

Certes, en politique, le désespoir est une sottise absolue mais il semble bien que les résultats d’hier mettent un terme à la carrière politicienne de l’ex-ministre de la Santé.

Au-delà du sort de la modeste personne, on souhaitera vivement que disparaisse avec elle ce qu’elle avait soigneusement réussi à incarner : l’arrogance, l’idéologie et l’outrance. Sa politique concernant les sujets qui nous intéressent l’illustre parfaitement.

•• L’arrogance. Marisol « savait ».  Toute opinion contraire ne pouvant être jamais débattue mais plutôt dénigrée, voire niée.

Pour elle, une prise de parole de buraliste ne pouvait correspondre qu’à une manœuvre de l’industrie du tabac. Un buraliste ne sachant penser par lui-même.

Pour elle, un fumeur n’était pas une personne responsable mais une victime de sa propre faiblesse, un être influençable à traiter de manière infantilisante.

•• L’idéologie. Plutôt que d’attaquer le grave problème du tabagisme à sa racine ou de reconnaître la dure réalité du marché parallèle, elle a joué « démago « en vilipendant les multinationales du tabac. Et en imposant le paquet neutre.

Aveuglée par cette idéologie, elle a complètement loupé une approche intelligente du phénomène de la cigarette électronique.

•• L’outrance. Marisol Touraine multipliait les déclarations spectaculaires mais rechignait devant toute démarche équilibrée, à moyen terme et avec des objectifs mesurables.

Résultat sans appel : les chiffres-clés de la prévalence tabagique n’ont fondamentalement pas bougé pendant son règne.

16 Juin 2017 | Pression normative
 

Les propos d’Agnès Buzyn de ce matin (voir Lmdt de ce jour) ne manquent pas d’interpeller :

•• agiter ainsi le chiffon rouge devant les buralistes, en évoquant ainsi la perspective d’une forte hausse des prix du tabac, juste avant le second tour des législatives … ce n’est pas franchement rendre service à son Gouvernement. Même si la majorité actuelle n’a rien à craindre ;

•• dans ses déclarations, Agnès Buzyn n’a pas un mot sur le paquet neutre … C’est pourtant la mesure-phare de la ministre précédente et elle en aura été l’une des chevilles ouvrières. Plus personne ne veut défendre le paquet neutre ?

•• sa réponse sur la cigarette électronique tend à rappeler qu’elle n’a guère saisi l’ampleur et l’intérêt du phénomène.

C’est la ministre qui a besoin de pédagogie.

 

Dans sa première déclaration officielle sur le tabac, Agnès Buzyn (la nouvelle ministre de la Santé / voir Lmdt du 18 mai) ne se montre pas très explicite, tout en restant sur la ligne radicale que l’on pouvait attendre d’elle. Ci-dessous réponse à deux questions posées par Le Parisien / Aujourd’hui en France (édition du vendredi 16 juin). 

•• Envisagez-vous d’augmenter le prix du paquet de cigarettes à 10 euros comme l’avait promis le candidat Macron ?

« C’est une option qui doit être discutée avec l’ensemble des acteurs, mais elle doit s’accompagner de pédagogie. Je ne suis pas contre cette hausse. Il faut une prise de conscience, surtout chez les jeunes et les femmes. Aujourd’hui, le taux de fumeuses de 20 à 40 ans en France est le plus élevé du monde. La mortalité liée aux cancers et les infarctus ne cessent d’augmenter chez les femmes. La hausse du prix du paquet est donc une façon de faire baisser le nombre de fumeurs. J’entends l’inquiétude des Français sur leur pouvoir d’achat, mais il s’agit d’un impératif de santé publique. Le tabagisme est une vraie maladie ».

•• Qu’attendez-vous alors pour promouvoir la cigarette électronique ?

« Actuellement, on a peu de preuves scientifiques pour considérer qu’il s’agit d’un outil efficace. Le vapotage permet de réduire sa consommation mais pas l’arrêt complet du tabac. Or, c’est ce qui compte pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculaires. On ne reviendra donc pas sur l’interdiction de vapoter mise en place le 1er octobre prochain dans certains lieux publics ».

30 Mai 2017 | Institutions
 

Le cancer du poumon ne touche que les « vieux » et faire du sport chaque jour « nettoie » les poumons … autant d’idées fausses qu’entend combattre la campagne prévue par le ministère de la Santé et par Santé publique France jusqu’au 30 juin. Et que nous avions annoncé (voir Lmdt du 12 mai 2017).

•• Cette campagne contre les « idées reçues qui nuisent gravement à la santé », également destinée à promouvoir le dispositif interactif d’aide à l’arrêt (« Tabac info service »), est lancée à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac de ce 31 mai. C’est en fait le même thème que l’année dernière (voir Lmdt du 23 mai 2016).

Si 60 % des fumeurs souhaitent arrêter de fumer, seuls 400 000 d’entre eux sautent le pas chaque année, déplorent les autorités sanitaires.

Peu importe l’âge, le nombre de cigarettes quotidiennes ou la pratique sportive, il n’y a pas de consommation de tabac sans risque, soulignent-elles, ce lundi 29 mai, dans un communiqué. Lire la suite »

30 Mai 2017 | Associations
 

Ils ont tous salué la nomination d’Agnès Buzyn au poste de ministre des Solidarités et de la Santé (voir Lmdt du 18 mai), mettant en avant ses propos fermes contre le tabagisme. Mais, après « les paroles », les associations comme les médias anti-tabac réclament des actes. L’état de grâce n’aura pas été long.  

•• Le Comité national contre le Tabagisme (communiqué du 17 mai) : « le professeur Buzyn est soucieuse non seulement d’agir selon des règles rigoureuses efficaces mais également de mettre en œuvre de manière effective les mesures adoptées. L’application de l’ensemble des mesures de prévention du tabagisme est essentielle et nous espérons que le professeur Buzyn aura une action forte à ce niveau » souligne le président Yves Martinet.

•• L’Alliance contre le Tabac de Michèle Delaunay (communiqué du 17 mai) : « à tout moment, elle s’est révélée être une partenaire remarquable en faveur de la lutte contre le tabagisme, en particulier dans l’élaboration du dernier Plan Cancer, mais aussi dans l’accompagnement de l’Alliance pour la mobilisation de l’ensemble des professionnels de santé contre le tabac. Elle est notamment l’une des premières signatures de l’Appel de ces professionnels » (ndlr, appel qui n’a pas dépassé les 6 400 signatures / voir Lmdt du 22 novembre 2016).

•• Mais c’est Jean-Yves Nau, (site Journalisme et Santé Publique) qui a lancé la première charge dans un article sur Slate, le 21 mai : « Chère Agnès Buzyn, voulez-vous réussir à la Santé là où Marisol Touraine a échoué ? ». Lire la suite »

23 Mai 2017 | Institutions
 

Suite des nominations dans les cabinets ministériels du nouveau Gouvernement (voir Lmdt du 19 mai).

•• Gilles de Margerie pressenti comme directeur de cabinet d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Il a été conseiller technique de Roger Fauroux, ministre de l’industrie, et, conseiller technique chargé des affaires industrielles, au cabinet de Michel Rocard à Matignon, il y a trente ans.

En 1992, il rejoint le Crédit agricole où il a notamment été directeur des finances (2003-2007), puis directeur de la Banque privée, du Capital investissement et de l’immobilier (2008-2011).

Gilles de Margerie rejoint ensuite en 2011 le cabinet Ricol Lasteyrie, puis devient directeur général-adjoint en charge des finances, des risques de la gouvernance institutionnelle, des affaires juridiques et du pôle épargne du groupe Humanis (mutuelle santé, prévoyance, épargne) en 2013.

•• Jean-Benoît Albertini devrait être nommé directeur de cabinet de Richard Ferrand, ministre de la Cohérence des territoires. Il a été conseiller technique (aménagement du territoire) de Jean-Pierre Raffarin à Matignon (2002-2004), puis directeur de cabinet de Frédéric de Saint-Sernin, secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire (2004-2005). Il est devenu ensuite adjoint au délégué interministériel à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (2005-2008).

En 2008, Jean-Benoît Albertini est nommé préfet du Territoire-de-Belfort, puis, en 2010, secrétaire général-adjoint et directeur de la modernisation et de l’action territoriale du ministère de l’Intérieur. Il est, depuis 2013, préfet de la Vendée.

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17 Mai 2017 | Institutions
 

Le gouvernement d’Édouard Philippe vient d’être nommé. Avant une étude plus approfondie, quels sont les ministres qui vont intervenir directement sur le dossier « tabac » ?

•• Ministre de l’Économie : Bruno Le Maire. Ce dernier avait fait connaître ses positions sur le réseau des buralistes et le paquet neutre lors de la campagne des primaires des Républicains (voir Lmdt du 22 septembre 2016).

•• Ministre des Solidarités et de la Santé : Agnès Buzyn. Présidente de la Haute Autorité de Santé (HAS), elle a auparavant été aux commandes de l’Institut national contre le Cancer (voir Lmdt du 17 janvier 2016).

•• Ministre de l’Action et des Comptes publics : Gérald Darmanin. Le député-maire (LR) de Tourcoing a plusieurs fois accompagné les manifestations des buralistes du Nord (voir Lmdt des 20 février 2014, 16 juin et 27 mai 2013)

16 Mai 2017 | Institutions
 

En cette matinée où les affres de l’angoisse du ministrable assaillent quelques-uns, les paris vont bon train sur la composition du gouvernement Macron 1.

Jusqu’à maintenant, on parlait beaucoup du référent santé de l’équipe « République en Marche » : le médecin, ancien député socialiste, Olivier Véran (voir Lmdt des 8 mai 2017 et 23 mars 2015).

Mais hier, un autre nom est apparu dans les listes circulant entre quelques initiés. Avant de se retrouver, dans la soirée, au cœur du buzz médiatique : le jeune député-maire LR de Reims, Arnaud Robinet (photo). Il est aussi médecin, praticien hospitalier. Il est même secrétaire à la santé de LR.

Mais c’est surtout un proche d’Édouard Philippe (voir Lmdt du 15 mai). Et ce serait aussi un pied-de-nez à l’opposition. Et pas seulement à elle, d’ailleurs.

À suivre.