Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
6 Juin 2016 | Pression normative
 

Indonesie Printemps FrancaisPourquoi Michèle Delaunay tape-t-elle du poing sur la table contre la 13 ème édition du « Printemps français » (28 avril – 11 juin), dédié aux échanges France/Indonésie dans le domaine des industries créatives ? Parce que la cinquantaine d’évènements organisés dans une dizaine de villes indonésiennes compte parmi ses sponsors (à côté de Total, de France 24, de Mercure et de Sheraton) … la Fondation Djarum, créée par le fabricant indonésien d’une marque de cigarettes – aux clous de girofle – très prisées là-bas mais aussi vendues à l’international, dont la France.

Donc, Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, s’est fait sermonner par la députée PS dans une question écrite que nous reproduisons intégralement : Lire la suite »

 Commentaires fermés sur Michèle Delaunay porte son combat en Indonésie … mais reste en France  , ,
 

axa-franceRevenons sur cette information du début de la semaine, selon laquelle l’assureur français de réputation et envergure mondiale n’investira plus dans le secteur du tabac, l’estimant « contradictoire avec sa politique de santé » (voir Lmdt du 23 mai).

Une nouvelle qualifiée immédiatement comme « excellente et qu’il faut saluer » par le professeur Yves Martinet, président du CNCT (Comité national contre le Tabagisme). Cette « nouvelle incroyable aurait pu être écrite par l’OMS » commentant pour sa part, à l’AFP, Vincent Auriac, président d’Axylia, cabinet spécialisé en investissement responsable.

•• Ainsi, AXA va céder ses actions chez tout fabricant de tabac (200 millions d’euros d’actions) et « cesser d’investir dans des obligations d’entreprises de l’industrie du tabac » ainsi que « réduire progressivement son portefeuille d’obligations émises par ces mêmes sociétés, dont la valeur s’élève à 1,6 milliard d’euros ».  Soit 0,62 % de son gigantesque portefeuille d’obligations, estimé à 252 milliards, et composé d’investissements dans pratiquement tous les secteurs que l’on puisse imaginer dont la chimie, la pharmacie et l’armement, pour ne citer que ces exemples. Lire la suite »

25 Mai 2016 | Observatoire, Profession
 

Canard-enchaînéMalgré son indépendance d’esprit et rédactionnelle, il arrive que le Canard Enchaîné emprunte des chemins convenus menant tout droit à la mare où flottent les sujets bidons. La cible : le lobby du tabac et ses turpitudes. En l’occurrence, c’est Philip Morris qui est visé. Titre : « Philip Morris enfume sur le paquet neutre ».

L’info (qui faisait le tour de certains réseaux anti-tabac depuis quelque temps) : le groupe cigarettier a financé certaines études de l’université de Zurich (UZH) portant sur l’impact du paquet neutre en Australie. Sachant que Philip Morris ne s’en jamais caché …

Et il se trouve qu’une association anti-tabac suisse conteste tant le procédé que les conclusions de ces études … Rien d’autre. Il y a vraiment de quoi en faire deux colonnes …

Et quand Pfizer et GSK prennent en charge des études officielles sur les effets secondaires des substituts nicotiniques (voir Lmdt du 27 avril), il s’en bat l’aile, le Canard

23 Mai 2016 | Pression normative
 

Michèle Delaunay hauteurÊtre au four et au moulin à paroles.

Après Dijon, Strasbourg (avec Yves Bur) … Michèle Delaunay multiplie les prises de bonne parole anti-tabac. Pour se féliciter de l’arrivée du paquet neutre et annoncer – alors que ce dernier n’est pas encore en linéaires de buralistes – la suite du programme : nouvelles hausses de prix et mise en place d’une procédure de « class action » à la française pour les familles de victimes du tabac. On y verra le propre d’une démarche extrémiste : vouloir brûler systématiquement les étapes au nom d’un insatiable « toujours plus ».

Quant à sa demande de mise en place d’une commission parlementaire sur le lobbying de l’industrie du tabac (voir Lmdt des 22 mars et 21 janvier), il semblerait qu’il lui soit nécessaire de patienter. Lire la suite »

4 Mai 2016 | Observatoire
 

Aubier pneumologue lobbyingLe président du Sénat, Gérard Larcher, va saisir le parquet sur les suites à donner aux déclarations litigieuses tenues sous serment par le professeur Michel Aubier (photo), pneumologue à l’hôpital Bichat, déjà au cœur d’une polémique sur ses propos minimisant la toxicité du diesel sur la santé et ses liens avec le groupe pétrolier Total (voir Lmdt des 29 et 16 mars).

Cette fois, le professeur est accusé d’avoir menti sous serment devant les sénateurs sur ses liens d’intérêt avec le groupe Total, lors de son audition le 16 avril 2015, par la commission d’enquête « sur le coût économique et financier de la pollution de l’air ».

« Il appartiendra au procureur de la République d’apprécier l’opportunité d’engager des poursuites », précise le communiqué après la décision du bureau du Sénat prise à l’unanimité la semaine dernière. « On ne ment pas devant une commission d’enquête solennelle », estime Gérard Larcher dans Le Monde, « ce doit être un exemple pour ceux qui viennent témoigner dans le futur ».

Selon le quotidien, Michel Aubier aurait également omis, devant la commission d’enquête du Sénat, de mentionner les cancers des voies respiratoires parmi les maladies dues à la pollution atmosphérique. Or, l’augmentation du risque de cancer pour la population exposée aux particules fines est un fait avéré au sein de la communauté scientifique.

Si la justice décide de le poursuivre, le professeur Aubier risque cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende selon le code pénal. De son côté, la ministre de la Santé a qualifié le comportement de Michel Aubier d’« inadmissible » et a annoncé que l’AP-HP « étude la situation individuelle de M. Aubier et examine les conditions d’une éventuelle procédure ».

 Commentaires fermés sur Pollution : le Sénat saisit la justice du cas « Aubier »  ,
2 Mai 2016 | International
 

Transparence ou exclusion ? 

O'Reilly Tobacco-lobbyism-1Suite à sa vive réaction après le refus par la Commission européenne de publier en ligne chaque rencontre d’un responsable européen avec l’industrie du tabac (voir Lmdt du 9 février), Emily O’Reilly (médiatrice de l’Union européenne ) en a remis une couche en organisant une réunion, ce mercredi 27 avril, pour demander aux Directions générales  de la Commission et autres institutions européennes de suivre l’exemple du commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, et son interprétation particulière des « pratiques de transparence ».

••• « La DG Santé fait preuve de beaucoup de dynamisme pour expliquer les règles et les procédures à différents niveaux intersectoriels, pour soulever des questions et encourager les collègues à suivre ces procédures », a déclaré le commissaire à cette occasion, « selon moi, nous devons absolument montrer notre engagement dans la lutte contre le lobbying de l’industrie du tabac. Sinon, les citoyens n’auront plus confiance dans les institutions européennes ».

En fait, derrière ce discours langue de bois, se profile l’interdiction pour tout élu ou fonctionnaire européen de recevoir, à Bruxelles, le moindre représentant de l’industrie du tabac.

Roberto Bertollini, représentant de l’OMS auprès de l’Union européenne, a d’ailleurs justifié, toujours lors de la réunion, le fait que l’exécutif européen ne devait pas discuter avec l’industrie du tabac : « nous avons une industrie qui tue la moitié de ses consommateurs. Ses produits n’ont aucune valeur ajoutée. Nous aimerions donc que ce lobby disparaisse ».

Confederation europeenne fabricants••• La tenue et la teneur de cette réunion ont suscité une réaction de la CECCM (Confederation of European Community Cigarette Manufacturers), constituée par BAT, JTI et Imperial Brands. 

« Nous appelons à une règle du jeu claire qui devrait s’appliquer à toute organisation faisant du lobbying à Bruxelles » a affirmé, au nom de la CECCM, Ronan Barry.

« En tant qu’industrie, la CECCM et ses membres soutiennent le principe de transparence » a- t-il repris. « Nous respectons déjà strictement les codes de conduite et les critères de transparence qui sont recommandés par la Commission. 

« En revanche, nous sommes opposés à ces tentatives, se prévalant quelquefois de la transparence, et qui visent à empêcher des entreprises, vendant un produit légal, de participer par ses contributions (opinion, arguments, faits) à un processus législatif.

« C’est aux responsables politiques d’opter pour tel ou tel argument. Et nous sommes contre le fait de les entraver dans leur accès à l’information provenant de n’importe quelle partie. 

« C’est en excluant, de la sorte, l’industrie de tout débat parlementaire la concernant directement, que l’on arrive à de mauvaises lois ».

28 Avr 2016 | Observatoire
 

Yves TrevillySept pages de L’Obs de cette semaine. Yves Trévilly – ancien directeur des relations institutionnelles de BAT France jusqu’ en 2012 et actuel directeur général de Sicpa France (voir Lmdt des 5 avril 2016 et du 2 octobre 2012) – fait l’objet d’un portrait que l’on aurait pu croire à charge. Mais pas tant que cela.

On est plutôt dans le roman à suspens, sur fond d’intrigues politico-commerciales, avec ses capitaines au long cours et ses corsaires insaisissables. Il suffit de se rapporter au « chapeau » de l’enquête : « longtemps, Yves Trevilly a défendu les intérêts de l’industrie du tabac. Il les combat aujourd’hui. Ce lobbyiste a mis son important réseau politique au service d’une multinationale suisse qui rêve de décrocher un marché prometteur : la traçabilité des cigarettes. L’histoire d’une revanche personnelle, mais aussi d’une guerre industrielle aux enjeux colossaux ». Lire la suite »

19 Avr 2016 | Pression normative
 

Michèle DelaunayComme annoncé la semaine dernière (voir Lmdt du 11 avril), le projet de résolution pour la création d’une commission d’enquête sur « les lobbies du tabac » de la députée Michel Delaunay n’a pas encore été publié, ni déposé.

De toute façon, Michèle Delaunay a du mal à enthousiasmer ses collègues. Lorsque le sujet a été évoqué en réunion du groupe parlementaire socialiste, ce ne fut qu’à la fin de l’ordre du jour et devant beaucoup moins de députés que François Hollande ne recueille de points dans les sondages sur le premier tour de l’élection présidentielle de l’année prochaine.

D’après les proches du dossier, on s’acheminerait tout au plus vers une simple mission d’information parlementaire.

29 Mar 2016 | Observatoire
 

APHPLes propos de Michel Aubier (chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat) – à propos des effets de la pollution atmosphérique – avaient rallumé la polémique (voir Lmdt du 16 mars) sur les liens entre le lobbying de l’industrie (pétrolière dans ce cas) et certains membres du corps médical.

Mais il semblerait plus nombreux à être concernés, selon une enquête interne de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) révélée (en une) par Le Monde en date du 29 mars : une bonne partie des 10 000 médecins du premier groupe hospitalier de France (50 % de la recherche clinique) présente des « situations à risques » de conflits d’intérêts en raison de leurs liens avec l’industrie pharmaceutique.

« Les rémunérations annexes, parfois opaques et élevées, sont des stimulants suffisamment importants pour que des professionnels se placent, de plein gré ou malgré eux, dans des situations à risques », insiste le groupe de travail, qui a travaillé sur le sujet pendant près de six mois.

Sont pointés du doigt :

. le financement par les laboratoires des déplacements des médecins de l’AP-HP aux congrès médicaux ; ce qui représenterait,  par exemple, une somme de près de 40 millions d’euros par an ;

. la formation continue : obligatoire, elle est financée en France à hauteur de 98 % par l’industrie pharmaceutique ; si le détail du financement reste opaque, le groupe de travail de l’AP-HP évalue la « fourchette entre 300 millions et 600 millions d’euros » chaque année ;

. les essais cliniques : l’expertise des médecins, rémunérée par des honoraires, échapperait à tout contrôle ; la plupart des services hospitaliers ayant souvent une « association » pour gérer la cagnotte versée par l’industrie. Plus de 400 dénombrées par l’AP-HP ;

. enfin, les médecins, devenus experts sur un médicament qu’ils ont contribué à développer, participent souvent à leur promotion, certains doublant ainsi leur salaire.

Pour Martin Hirsh, directeur général de l’AP-HP : « il n’est pas question de couper toute relation avec les industriels, cela nuirait à la recherche et au progrès médical. Mais, il faut clarifier certaines situations. Il faut que toute activité rémunérée au profit d’un industriel soit déclarée et bien soumise à autorisation préalable. Et éviter le lien de dépendance direct entre industriel et médecin ». Outre la mise en place d’une structure neutre, le groupe de travail propose de soumettre à autorisation les activités extérieures des médecins (devenus experts sur le médicament qu’ils ont développé) et de les limiter à « cinq ou dix heures » hebdomadaires.

De quoi relativiser la chasse contre « le lobby du tabac » de Michèle Delaunay (voir Lmdt du 22 mars).

 Commentaires fermés sur Lobbying : les médecins de l’AP-HP dans le collimateur  
22 Mar 2016 | Pression normative
 

Michèle DelaunayLe paquet neutre va arriver tout prochainement (voir Lmdt du 29 février), dans notre pays, en enlevant toute possibilité aux fabricants de s’exprimer commercialement sur le packaging de leurs produits…

La PLV sur ces mêmes produits – jusqu’ici autorisée par la loi Évin – vient d’être supprimée chez tous les buralistes (voir Lmdt des 29 janvier et 1er février) depuis fin janvier …

Fidèle à sa tactique de harcèlement permanent, la députée Michèle Delaunay propose – ce mardi 22 mars – à ses collègues du groupe socialiste une proposition visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur le lobby du tabac. Comme déjà annoncé (voir Lmdt du 21 janvier) et ainsi que le confirme Les Échos ce matin. Lire la suite »

 Commentaires fermés sur Michèle Delaunay veut sa commission d’enquête contre le « lobby du tabac »  , ,