Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
28 Mar 2020 | Observatoire
 

Contrôles accrus et fermeture des frontières ne font pas bon ménage avec le trafic de cannabis. L’épidémie de coronavirus oblige les trafiquants à se réinventer pour s’approvisionner en période de confinement. Une enquête de Reuters à Orléans.

•• Dans son appartement du centre d’Orléans, un fumeur consomme son dernier gramme de cannabis, acheté il y a une dizaine de jours. « Quelques heures avant le confinement, le prix du gramme de cannabis avait déjà doublé » explique-t-il, « mais depuis, il n’y a plus de trafic dans les rues. »

Son dealer, qui compte entre 50 et 70 clients sur l’année, s’approvisionne habituellement lui-même en Belgique et aux Pays-Bas,  ou bien fait acheminer de la résine de cannabis du Maroc.

Avec les mesures de confinement, imposées en France pour limiter la propagation du coronavirus, et les contrôles presque systématiques des voitures, il a décidé de mettre un terme à ses déplacements. « Pour l’instant, on vit sur les stocks d’avant le confinement, mais on en voit le bout » dit celui qui touche entre 2 500 et 3 000 euros de bénéfices les mois les plus vendeurs grâce à cette activité.

•• Dans certaines villes, les services policiers ont constaté, tout comme à Orléans, de fortes hausses de prix sur le terrain. À Marseille, les 100 grammes de cannabis sont passés de 280 à 500 euros en une semaine, rapporte le syndicat Unité SGP Police.

Le marché se tend à Bordeaux et à Rennes.  La résine de cannabis commence aussi à se faire très rare en prison, où 20 grammes peuvent se vendre 500 euros. Une autre source policière, en région parisienne, précise que le prix du kilo de cannabis chez les semi-grossistes est passé de 2 000 à 3 500 euros depuis le début du confinement.

•• « On nous parle d’un début de pénurie » avance Yann Bastière, délégué national investigation d’Unité SGP Police à Reuters. « Aussi bien côté marocain qu’espagnol, tout le monde fait attention à sa frontière et ce qui peut y passer ». Lire la suite »

27 Mar 2020 | International, Observatoire
 

La Californie, avec ses 40 millions d’habitants, s’est réveillée confinée, ce vendredi 20 mars. Écoles, magasins non essentiels, restaurants et cafés sont désormais fermés dans tout l’État.

Dans un premier temps, le Gouverneur Gavin Newsom veut faire confiance aux habitants et n’a pas prévu de verbaliser les contrevenants.

Dans les centres-villes, tout est fermé, sauf les restaurants autorisés à livrer des plats préparés, les épiceries et supermarchés (dont certains ouvrent plus tôt le matin exclusivement pour les personnes âgées et où on peut trouver du tabac ), les banques, les laveries automatiques, les stations-services,  les pharmacies et … les magasins et distributeurs de cannabis, produit jugé indispensable à la santé physique et mentale des Californiens (3 millions de consommateurs réguliers / voir 1er mars 2019).

Résultat : une ruée dans les dispensaires de cannabis où les ventes ont explosé de plus de 200 %, selon le site spécialisé Bitmaps.

Réaction du Wall Street Journal qui avance que les commerces de détail de cannabis – par la voix du président d’United Cannabis Business Association, Jerred Kiloh – ont souhaité que le gouverneur autorise la continuité de fonctionnement de toute la chaîne de production.

L’association mettant en avant le fait que faute d’autorisation, le marché noir risquait d’en profiter.

20 Mar 2020 | International
 

727 cas de contamination au coronavirus étaient confirmés au Canada ce 19 mars, dont 9 mortels. La frontière canado-américaine est fermée et une quarantaine est imposé aux voyageurs revenant de l’étranger …

Pour gérer leur stress face à l’épidémie de coronavirus, supporter une quarantaine ou faire des stocks par crainte d’une pénurie, les Canadiens se tournent depuis plusieurs jours sur les magasins et les sites de vente de cannabis (voir 2 janvier).

•• « On a remarqué une augmentation des ventes au cours des derniers jours » confirme Fabrice Giguère, porte-parole de la Société québécoise du Cannabis (SQDC), « l’approvisionnement est stable, tant en ligne qu’en succursale. Lire la suite »

18 Mar 2020 | International
 

Les coffee shops néerlandais rouvraient peu à peu leurs portes, ce mardi 17 mars, le Gouvernement ayant autorisé la collecte de commande pour la livraison à domicile. 

Dimanche, les autorités ont ordonné la fermeture de l’ensemble des écoles, bars, restaurants … maisons closes et coffee shops jusqu’au 6 avril afin de lutter contre l’épidémie du coronavirus.

Les fumeurs de cannabis s’étaient alors rués devant les coffee shops pour s’approvisionner une dernière fois, entraînant de nombreuses queues à travers le pays (voir 17 mars).

Le gouvernement a finalement adapté ces mesures, lundi soir, en permettant les commandes à emporter dans les coffee shops, afin d’éviter une résurgence du trafic pur et dur. Les consommations sur place restant prohibées.

17 Mar 2020 | International
 

À l’instar des cafés et restaurants, les échoppes fournissant du cannabis ont été contraintes de baisser leur volet durant au moins trois semaines, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Ce dimanche 15 mars, avant l’application de la mesure à 18 heures, des files gigantesques se sont formées un peu partout les villes pour acheter du cannabis dans les commerces florissants de ce pays, où l’achat et la consommation à usage personnel sont tolérés (jusqu’à 5 grammes, en principe).

•• Affirmant comprendre la décision des autorités, les patrons des bars à cannabis espèrent désormais que les autorités leur permettront d’ouvrir des petits guichets de livraison rapide. Les patrons d’établissement font valoir que de nombreux Néerlandais font un usage thérapeutique du cannabis, pour lutter notamment contre des douleurs aiguës.

•• Ils soulignent aussi qu’une interdiction généralisée, et de longue durée, fera prospérer les groupes criminels qui ont déjà la main sur la culture du cannabis. D’ailleurs, dès que la décision de fermeture a été connue, des dealers ont distribué des prospectus dans les files d’attente et proposé des produits à 20, voire 30 euros le gramme (contre 10 euros dans les coffee-shops).

11 Mar 2020 | International, Observatoire
 

La plus grande entreprise de cannabis au monde par capitalisation boursière – Canopy Growth (voir 2 janvier et 14 février 2020, 13 février 2018) – a annoncé, le 4 mars, son intention de fermer deux installations de culture en Colombie-Britannique (300 000 mètres carrés de serres). Ce qui entraîne la mise à pied de 500 employés.

L’entreprise canadienne abandonne également son projet d’ouvrir une serre en Ontario.

•• « Près de 17 mois après la création du marché légal pour adultes, le marché canadien s’est développé plus lentement que prévu, ce qui crée des problèmes de fonds de roulement et de rentabilité dans l’ensemble de l’industrie » a indiqué la société dans un communiqué.

« De plus, une réglementation fédérale autorisant la culture en plein air a été introduite après que Canopy a réalisé des investissements importants dans la production en serre ».

•• Les plus grandes sociétés de cannabis d’Amérique du Nord ont connu des difficultés , leur croissance opérationnelle dépassant de loin le développement réel des industries du cannabis. Des entreprises, justement comme Canopy Growth, ont depuis pris des mesures drastiques pour réduire leur taille afin d’assurer une rentabilité à court et à long termes.

•• Les actions de Canopy ont chuté de près de 2 %.  Andrew Carter, un analyste de Stifel qui couvre Canopy Growth, a déclaré qu’il n’était pas surpris par l’annonce : « nous pensons que la société a soigneusement examiné son empreinte de culture pour les besoins actuels et futurs. Mais avec 14 000 hectares de culture sous licence (au Canada) et l’option de culture en extérieur …  la valeur de la production en intérieur est limitée, en particulier pour la culture en serre. »

 Commentaires fermés sur Canada : le géant du cannabis, Canopy, réduit la voilure pour cause de nouvelle réglementation   
10 Mar 2020 | Observatoire
 

Plusieurs agriculteurs creusois sont prêts à se lancer dans l’aventure du cannabis thérapeutique.

Ce mardi 10 mars, ils se retrouveront aux côtés de professionnels de santé, pour une grande conférence organisée par le Centre Lab de Guéret (Creuse).

Ce dernier souhaite élaborer une filière locale de production (y compris … de la fleur), ce sur quoi la loi française bloque. Lire la suite »

 Commentaires fermés sur Cannabis thérapeutique : la Creuse veut débloquer la loi française   
5 Mar 2020 | Observatoire
 

Après un an et demi de procédure judiciaire, Baptiste De Luca, gérant de trois boutiques de produits à base de CBD (Épinal, Nancy et Metz) attend, à la fin de ce mois de mars, un signe en provenance de la Cour de Justice européenne.

En effet, la décision de celle-ci sera déterminante … si ce n’est décisive dans l’évolution du statut juridique du CBD/ Chanvre Bien-Être en France.

•• Baptiste avait ouvert ces trois boutiques en mai 2018. Dès octobre, une perquisition dans ses locaux à Nancy l’a conduit vers des complications judiciaires jusque devant les tribunaux lorrains pour trafic de stupéfiants.

« À l’époque, le mot d’ordre était de poursuivre ces commerçants alors qu’ils ne vendent absolument pas de produits stupéfiants ! » défend, dans Vosges Matin, maître Renaud Gérardin, avocat de Baptiste De Luca, soulignant que le texte français n’était pas en adéquation avec celui de l’Union européenne.

« On l’interprète de manière extensible pour affirmer que toutes les parties de la plante, qui ne sont pas précisées dans l’arrêté français (en l’occurrence les fleurs et feuilles), sont interdites. »

•• « Tout ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé ! D’ailleurs, les textes européens ne prévoient pas de restriction par rapport à une partie de la plante. L’ambiguïté est telle que des commerçants ayant ouvert dernièrement le même type de boutiques n’ont pas été poursuivis. De nombreux autres, ayant subi une procédure à la même époque que M. De Luca, ont obtenu des relaxes ! » poursuit-il.

•• Tous deux attendent désormais la réponse de la Cour de Justice européenne suite à une question préjudicielle posée par la cour d’appel d’Aix-en-Provence (voir 24 octobre 2018 et 24 octobre 2019). Cette dernière demande comment il faut interpréter l’arrêté français à la lumière des textes européens. En d’autres termes : est-ce que l’arrêté français, qui limite l’utilisation du chanvre à sa tige et ses graines, est conforme au droit européen qui, lui, autorise l’utilisation de toutes les parties du chanvre ?

 Commentaires fermés sur CBD : en attente d’une décision de la Cour de Justice européenne …  ,
28 Fév 2020 | International, Observatoire
 

La politique de tolérance d’Amsterdam vis-à-vis du cannabis attire chaque année une partie de ses près de 17 millions de visiteurs.

Or la qualité de vie de ses 1,1 million d’habitants se trouverait menacée par ces flux importants. La maire, Femke Halsema, a donc annoncé son intention de réduire l’attraction des touristes pour la consommation de cannabis.

•• Cette attraction est réelle : selon une étude réalisée par le bureau d’information et de statistiques d’Amsterdam, 34 % des personnes qui visitent la zone de Singel –  où se trouve le Quartier rouge connu pour ses coffee-shops  (et autres établissements accueillants ) – viendraient moins souvent dans la ville si ces derniers étaient interdits, tandis que 11 % des voyageurs ne reviendraient plus.

Sur un total de 100 visiteurs, âgés entre 18 et 35 ans, près de 60 % déclarent que les coffee shops comptent comme l’une des raisons majeures de leur visite.

•• Première mesure immédiate : la municipalité d’Amsterdam a annoncé qu’à compter du 1er avril, les visites du Quartier rouge par des tours-opérateurs seront interdites.

 Commentaires fermés sur Pays-Bas : Amsterdam envisage l’interdiction de vente de cannabis aux touristes  ,
27 Fév 2020 | Observatoire
 

Au Salon de l’Agriculture (22 février – 1er mars à Paris), l’impatience des professionnels est palpable, à quelques mois d’une première expérimentation sur 3 000 patients dans le pays (voir 14 février).

Au sein du « village » des semenciers, certains acteurs profitent du salon pour une opération séduction. Confiture au chanvre, dégustation de graines vantant leur apport protéiné, lait relaxant au CBD : loin des volutes de fumée, les projecteurs sont braqués, en l’espèce, sur les utilisations très variées de la plante. Mais hormis ces applications « bien-être », c’est surtout l’usage médical qui intéresse, explique une dépêche AFP.

•• « Il faut absolument qu’on soit en capacité au niveau français de mettre en place cette nouvelle filière thérapeutique » martèle le député LREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, en visite sous sa nouvelle casquette de rapporteur général de la Mission d’information parlementaire sur les usages du cannabis, lancée fin janvier (voir 23 décembre 2019 et 23 février 2020).

À l’heure actuelle, la loi française empêche toute production médicale. Impossible de cultiver des plants de cannabis contenant plus de 0,2% de THC et d’en récolter les fleurs.

•• Une interdiction dont InVivo, l’un des premiers groupes coopératifs agricoles français, espère s’extraire : il a déposé une demande d’autorisation à l’Agence du médicament (ANSM) depuis deux semaines, pour bénéficier d’une exception à titre expérimental.

« Globalement, il va nous falloir 18 mois pour s’assurer que la plante a une composition standardisée et qu’on a un médicament au sens pharmaceutique du terme » assure Yves Christol, directeur général d’InVivo Food & Tech. Il est prêt à investir 10 millions d’euros et compte développer une variété spécifique pour chaque pathologie ouverte à la prescription. Le groupe souhaite « prendre le relais des importations dans deux ans », lorsque l’expérimentation du cannabis thérapeutique prendra fin, puis conquérir le marché mondial grâce au développement génétique de variétés à usage médical.

•• Et InVivo n’est pas le seul sur les rangs : le département de la Creuse veut également devenir un « pôle d’excellence », capable de fournir du cannabis thérapeutique. Lire la suite »

 Commentaires fermés sur Cannabis thérapeutique : fébrilité au Salon de l’Agriculture