Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
18 Fév 2018 | Trafic
 

On sait, désormais, qu’une partie du tabac pas cher venant d’Andorre et inondant le sud du pays passe par l’intermédiaire de pauvres bougres portant du tabac sur leur dos à travers la montagne, dans des conditions hallucinantes (voir Lmdt du 16 janvier 2018 ainsi que des 14 septembre et 5 août 2017).

Le ministre Gérald Darmanin s’en est rendu compte en visitant sur place, l’automne dernier, les équipes douanières, lesquelles prennent des risques dans leur chasse aux passeurs (voir photo). Philippe Coy avait d’ailleurs été invité à l’accompagner en la circonstance (voir Lmdt du 13 novembre 2017).

On en apprend un peu plus sur l’organisation de ce trafic montagnard avec la comparution au tribunal de Montpellier, ce mardi 13 février dernier, d’un Algérien de 41 ans. Lire la suite »

16 Fév 2018 | Trafic
 

« On ne saura jamais si monsieur a transporté ce tabac pour son compte ou pour quelqu’un d’autre … ». Le tribunal correctionnel de Mulhouse statuait, ce mercredi 14 février, sur la saisie d’une tonne de tabac à chicha, il y a deux ans, par les douaniers haut-rhinois sur l’autoroute A 36. En l’absence du prévenu.

L’homme de 26 ans, habitant en Seine-Saint-Denis, avait été contrôlé en pleine nuit, le 18 mars 2015, à hauteur de Pfastatt, à bord d’une voiture de location. Il avait vite indiqué qu’il transportait du tabac. « Or ce n’était pas un paquet de cigarette mais 1 059 kilos de tabac à narguilé ! » a souligné le président du tribunal. Lire la suite »

15 Fév 2018 | Profession
 

Le sujet tabac, c’est bien connu, cela intéresse les lecteurs. Le Canard Enchaîné en sait quelque chose et pique deux fois la tête, cette semaine, dans la mare aux infos du secteur.

•• « Fume, c’est (vraiment) du lourd ! » : soit un sujet en page une pour revenir sommairement sur la plainte d’une « assoce antitabac » (le CNCT) contre les fabricants dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler le « filtergate » (voir Lmdt du 9 février).

•• « Cigarettes : savoir-faire douanier en fumée » : un deuxième article, en page intérieure. Et qui revient sur un sujet autant plus grave : la contrebande. Extraits :

Le chef des gabelous se fait du mouron. Dans quelques semaines, comme tous les ans (voir Lmdt des 16 mars 2017 et 18 mars 2016), il va devoir rendre publique la quantité de cigarettes de contrebande saisie. D’après les infos du « Canard », le chiffre se situe très en-deçà des espérances. Mauvais coup de tabac ? Lire la suite »

11 Fév 2018 | Associations
 

Suite à la plainte polémique du Comité national contre le Tabagisme (CNCT) contre les principaux fabricants pour tromperie sur les taux de nicotine et de goudron (voir Lmdt des 9 et 10 février), on a enfin réussi à trouver une réaction de la Direction générale de la Santé (DGS).

Elle apparait dans une déclaration au détour d’un article du Parisien / Aujourd’hui en France daté du 10 février.

•• En fait, la DGS réagit à l’absence de mentions informatives concernant les taux sur les paquets neutres : « l’objectif est de ne plus induire en erreur les consommateurs en leur faisant croire que certains produits affichant des taux moins élevés pourraient être moins nocifs » (sic). On savourera l’argument dans le contexte de la polémique actuelle.

•• Par ailleurs – et toujours selon Le Parisien – la DGS assure que « l’État soutient la démarche de l’association » et « sera très attentive aux conclusions du juge ». S’il y a un réel problème, que n’a-t-il agi avant ?

11 Fév 2018 | Associations
 

Preuves du scepticisme qui accueille l’annonce de la plainte du CNCT contre les fabricants sur cette histoire de trous dans les filtres (voir Lmdt des 9 et 10 février), ces interventions en direct entendues dans l’émission « Les auditeurs ont la parole » de Stéphane Carpentier sur RTL. Le 9 février :

•• Jean-Marie, buraliste à Quincy dans le Cher (extraits) : « je sais que le CNCT a besoin d’exister et ils ont leur raison pour porter plainte à propos de perforations qui existent dans les cigarettes depuis longtemps. Ne serait-ce que dans le papier pour éviter les risques d’incendie (…)

« Ils devraient s’intéresser également à cette récente étude américaine sur la cigarette électronique pour laquelle on a fait absorber de la nicotine à haute dose pendant 12 mois à des rongeurs, à l’insu de leur plein gré, je suppose. 

« En tant que buralistes, nous savons la nocivité du tabac, mais nous vendons un produit hyper-réglementé qui ramène 14 milliards d’euros à l’État. Et nous nous diversifions.» Lire la suite »

10 Fév 2018 | Associations
 

On a beau scruter la ronde folle des commentaires sur les réseaux sociaux et analyser le brouhaha des commentaires, mais la publication des motifs de la plainte du CNCT dans une ambiance à haute teneur de scandale médiatique (Le Monde relayé un peu partout) ne semble pas susciter, dans l’opinion publique, l’émoi attendu (voir Lmdt du 9 février et de ce jour).

•• À force de « diaboliser à mort » pendant des années une industrie, de l’accuser de tous les maléfices et de lui dénier la moindre légitimité dans ses démarches … « révéler » qu’elle tricherait pour fausser les données sur les taux de nicotine et de goudron, cela n’a pas de quoi émouvoir fondamentalement les foules.

Les scandales sanitaires, alimentaires, environnementaux, industriels, c’est tous les jours. Et dans ce cas, les pièces à convictions remontent aux années 80. Lire la suite »

10 Fév 2018 | Associations
 

« Notre objectif, c’est qu’on en parle et que les Français comprennent quel est le comportement de cette industrie », a déclaré vendredi à l’AFP le professeur Yves Martinet, président du CNCT. « Le but de cette industrie, c’est de rendre les gens accros à la nicotine pour qu’ils reviennent acheter leur drogue » (voir Lmdt du 9 février).

•• La plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » vise les filiales françaises des quatre grands cigarettiers, Philip Morris, British American Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Brands (dont Seita est une filiale).

Elle a été déposée le 18 janvier auprès du parquet de Paris, a précisé à l’AFP l’avocat du CNCT, Pierre Kopp.

•• Objet de la plainte : « l’existence de minuscules trous » dans les filtres de cigarettes destinés à « falsifier les tests » en agissant comme un « système de ventilation invisible », selon la plainte consultée par l’AFP. Lire la suite »

9 Fév 2018 | Associations
 

Suite à l’article du Monde sur la plainte du CNCT contre les principaux fabricants pour « tricherie » sur les données concernant les teneurs en goudron et nicotine – ce que certains médias appellent déjà « Filtergate » (voir Lmdt de ce jour 1 et 2) – JT International France a publié la déclaration suivante :

« Nous avons été surpris d’apprendre dans la presse ce matin qu’une telle plainte a été déposée.

Nous opérons en France et dans tous les pays où nous commercialisons nos produits en toute conformité avec la loi, et nos produits font l’objet de contrôles réguliers par les autorités sanitaires.

En France, nous déclarons chaque année l’ensemble des ingrédients de nos produits auprès du Ministère de la Santé.

Les teneurs en goudron, nicotine et monoxyde de carbone sont analysées plusieurs fois par an par le Laboratoire National de Métrologie et d’Essais, agréé par le Ministère de la santé, afin de s’assurer de leur conformité à la réglementation en vigueur. »

9 Fév 2018 | Associations
 

Après la « révélation » par Le Monde de la plainte du Comité national contre le Tabagisme (CNCT) à l’encontre des principaux fabricants de tabac (voir Lmdt de ce jour), Yves Martinet s’en prend aussi dans les médias audiovisuels à … la Cigarette du Buraliste : la LCB. 

Coup de pub inespéré, pour un produit qui a soulevé un moment la polémique, mais dont on ne parlait guère ces derniers temps (voir Lmdt des 23 août, 1er juin et 26 avril 2017).

Ainsi, sur France Inter et CNews, il a expliqué que les « industriels font des petits trous au niveau du filtre, ce qui permet quand on mesure la toxicité avec une machine à fumer, d’avoir des taux inférieurs au taux réel que le fumeur se voit délivrer.

Avant de revenir sur le fait que « la Confédération des buralistes a lancé une cigarette, la Cigarette du Buraliste (LCB). La LCB a aussi des trous dans le filtre (…) elle a par exemple quatre lignes de petits trous. Il y en a d’autres qui ont une ligne de trous (…). Et tous les fabricants recourent à ce procédé de tromperie » (sic).

9 Fév 2018 | Associations, L'essentiel
 

« Tobacco Gate » : cela commence fort … Dans un long article, Le Monde (daté du 10 février) et Le Monde.fr expliquent les fondements d’une nouvelle plainte du Comité national contre le Tabagisme (CNCT) à l’encontre des principaux fabricants de tabac.

Avec une thèse habituelle pour le CNCT (« la tricherie des fabricants »), s’appuyant sur des considérations techniques qui méritent d’être débattues et des archives des années 80.

Nous reproduisons l’intégralité de cet article signé Stéphane Foucart.

« Faudra-t-il parler de « Tobacco Gate », comme il y eut un « Dieselgate » ?

« La plainte pénale déposée début février devant le procureur de la République par le Comité national contre le tabagisme (CNCT), accusant les filiales françaises de quatre cigarettiers (British American Tobacco, Philip Morris, Japan Tobacco et Imperial Brand) de « mise en danger délibérée de la personne d’autrui », ne peut en tout cas qu’évoquer le scandale récent des moteurs diesel truqués, pourvus de logiciels abaissant artificiellement les émissions polluantes pendant les tests réglementaires.

•• « S’agissant du tabac, il ne s’agit pas de logiciels truqueurs et d’oxydes d’azote, mais de micro-perforations des filtres, de goudron et de nicotine. Le résultat est le même : les taux officiels de ces substances, affichés ou mesurés par le régulateur, sont largement inférieurs à la réalité. Selon la plainte du CNCT, que Le Monde a pu consulter, « la teneur réelle en goudron et nicotine serait, selon les sources, entre deux et dix fois supérieure [à celle indiquée] pour le goudron et cinq fois supérieure pour la nicotine » — des chiffres qui proviennent de la littérature scientifique ou des fabricants de cigarette eux-mêmes.

•• « Pour comprendre, il faut savoir que les filtres de la quasi-totalité des cigarettes actuellement sur le marché sont percés de nombreux micro-orifices imperceptibles à l’œil nu, qui « ventilent » la fumée inhalée. Ce dispositif induit une « dilution » de la fumée transitant par le filtre, mais cette dilution intervient principalement lorsque la fumée est extraite au moyen d’une machine à fumer réglementaire, utilisée pour mesurer les taux de goudron, de nicotine ou encore de monoxyde de carbone dans les produits de combustion du tabac. Au contraire, lors du fumage de la cigarette par un humain, et non par la machine réglementaire, l’emprise des lèvres et des doigts sur le filtre obture la plus grande part des micro-perforations. La ventilation de la fumée aspirée n’intervient plus – ou beaucoup moins. Les niveaux réels de goudron et de nicotine qui pénètrent dans les poumons du fumeur sont ainsi bien supérieurs.

•• « La plainte du CNCT insiste sur le caractère trompeur du dispositif, d’abord pour le consommateur de cigarettes. « Les fumeurs qui pensent fumer un paquet par jour en fument en fait l’équivalent de deux à dix », assure l’association. De fait, le goudron étant un cancérogène avéré, le risque de contracter un cancer augmente avec la dose à laquelle le fumeur est exposé.

•• Cependant, les taux de goudron et de nicotine n’apparaissent plus sur les paquets de cigarettes depuis que la neutralité du conditionnement a été imposée aux fabricants, en mai 2016. « C’est exact mais jusqu’à cette date, les fumeurs ont été trompés sur la quantité réelle de goudron et de nicotine à laquelle ils étaient réellement exposés, et ces faits ne sont pas prescrits », répond Pierre Kopp, l’avocat du CNCT. « Et ce d’autant moins que les maladies qui apparaissent aujourd’hui sont, au moins partiellement, le fruit de cette tromperie, qui dure depuis de nombreuses années. De plus, les teneurs en goudron, nicotine et monoxyde de carbone ne doivent légalement pas excéder certains seuils et la présence de ces micro-orifices de ventilation trompe les autorités sanitaires, qui ne peuvent effectuer les contrôles ad hoc de manière crédible. »

•• « De fait, au Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), agréé en France pour conduire ces contrôles, on explique que « les tests sont menés selon les normes en vigueur, mais aucune mesure particulière n’est prise selon les cigarettes, en fonction de la présence possible de tels micro-orifices dans les filtres ». En clair, l’effet de ventilation dénoncé par le CNCT ne semble pas pris en compte par les contrôles réglementaires.

•• « Les petits arrangements permis par la « ventilation » des filtres des cigarettes ne sont pourtant qu’un secret de polichinelle. L’historien des sciences Robert Proctor en a fait un chapitre entier dans l’ouvrage monumental qu’il a consacré à l’industrie du tabac (Golden Holocaust. La conspiration des industriels du tabac, 2014), exploitant notamment la documentation interne des cigarettiers américains, déclassifiée par décision de justice à la fin des années 1990. Au sein des firmes, nul n’ignorait la fonction réelle de ces filtres à ventilation périphérique.

•• « C’est d’ailleurs ce qui fait l’élégance de la plainte du CNCT : pour montrer que les cigarettiers avaient, de longue date, connaissance des effets de ce dispositif sur la véracité des taux affichés de goudron et de nicotine, l’association anti-tabac s’appuie sur leurs propres documents, ou ceux de leurs avocats. Tout y est admis.

•• « En 1982, Philip Morris, RJ Reynolds et deux autres fabricants de cigarettes attaquèrent devant la justice suisse leur concurrent British American Tobacco (BAT), après que celui-ci eût mis sur le marché une cigarette de marque Barclay, présentée comme très légère car ne contenant que 1 mg de goudron et 0,2 mg de nicotine. Irrités de cette communication qu’ils jugeaient déloyale, Philip Morris et RJ Reynolds faisaient valoir, le 6 mai 1983, dans une requête adressée au juge : « (…) Si les indications figurant sur les emballages de la cigarette Barclay sont exactes lorsque la cigarette est testée au moyen d’une machine standardisée, ces résultats sont totalement différents lorsque la cigarette Barclay est fumée par une bouche humaine ; en effet les lèvres du fumeur vont partiellement ou totalement recouvrir l’orifice des quatre canaux périphériques dont est muni le filtre (…), de telle manière que l’air extérieur conduit par lesdits canaux ne pénètre pas dans la bouche du fumeur. » « Il en résulte que le phénomène de la dilution, qui est déterminant pour abaisser la teneur en goudron et en nicotine de la cigarette, ne s’effectue plus que partiellement ou pas du tout », ajoutaient-ils sans fard.

« Fin novembre 1984, les autorités sanitaires helvétiques exigeait de BAT qu’il indique sur les paquets de sa marque Barclay les teneurs en goudron et nicotine avec et sans ventilation. La Barclay devenait, du coup, un peu moins légère : de 0,2 mg de nicotine annoncé, elle passait à 1,1 mg, soit plus de cinq fois plus. Et de 1 mg de goudron, elle passait à 11 mg.

Pour Philip Morris et RJ Reynolds, cette bataille commerciale remportée face à BAT fut peut-être une victoire à la Pyrrhus. Les filiales françaises des cigarettiers mises en cause n’ont pas répondu aux sollicitations du Monde ou n’ont pu être jointes.