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12 Août 2018 | Profession
 

L’an dernier, 1 000 tonnes de tabac blond ont été produites dans l’ancienne région Midi-Pyrénées. Le nombre de producteurs y a beaucoup baissé ces dix dernières années, mais certains cultivent encore la plante avec passion. La Dépêche du Midi (8 août) est allé à leur rencontre.

En effet, quelque 200 agriculteurs exploitent encore du tabac entre la vallée du Lot, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et une partie de l’Aveyron. (Voir aussi Lmdt des 7 août 2018 ainsi que des 20 novembre et 14 août 2017).

•• Près de Salvagnac, dans le Tarn, les frères Maxime et Thomas Durand – 25 et 28 ans – se sont justement lancés cette année dans la culture du tabac, après avoir repris des terres, et ont fondé le Gaec de la Piquarelle. Ils travaillent sur 245 hectares (céréales, semences fourragères), dont 5,5 de tabac blond de Virginie.

« Avec les cours actuels, c’était assez compliqué de rester en céréales. Donc on a voulu continuer la diversification entamée par un agriculteur voisin et mon père, en cultivant le tabac et l’ail (…) On a une coopérative qui offre pas mal de débouchés dont on ne se doute pas, comme le tabac à chicha et des tabacs plus spécifiques … et pas que pour faire la cigarette qu’on voit fumer par nos amis », précise Maxime. « C’est une culture très technique pour des passionnés », ajoute-t-il, « on sait qu’on gagne moins qu’auparavant, mais ça sécurise beaucoup une comptabilité. »

Sous un soleil de plomb, son frère Thomas active une grande machine, aidé de cinq saisonniers. Juchés sur des petits sièges qui avancent au ras du sol, ils cueillent soigneusement les feuilles matures. « Pour ce type de tabac, la récolte se fait feuille à feuille en fonction de la maturité jusqu’à fin septembre » précise Dominique Saurel, technicien à la coopérative Midi Tabac.

•• Pour se faire une place, les producteurs locaux misent sur l’agriculture raisonnée. Les frères en question vendent notamment sur le marché du « tabac durable », dont il leur faut respecter un très strict cahier des charges.

Une fois séchées dans les étuves, les feuilles sont envoyées à l’usine de Sarlat (voir Lmdt du 29 juin 2016), où elles seront triées et mélangées à des tabacs d’autres provenances, suivant la qualité des récoltes : on peut en retrouver notamment dans les paquets de certaines marques des groupes Imperial Tobacco et Japan Tobacco International (notamment dans le tabac des « Natural American Spirit).

•• Pour Daniel Gasparini, président de la coopérative Midi Tabac, (soit les 200 producteurs de la région), la production est en baisse du fait du vieillissement des agriculteurs qui ne trouvent pas repreneurs et des interrogations sur les perspectives et l’avenir du tabac. Ce qui est une erreur, à son sens.

La coopérative travaille à 65 % avec la variété Burley (Lot, Aveyron et haut du Tarn-et-Garonne) et à 35 % avec la variété Virginie (Gers et Tarn).

En général, 70-80 % du tabac de la Coopérative part aux États-Unis, où il est vendu comme « tabac durable ». Mais avec cet été chaleureux, le tabac a mûri plus vite que les capacités de séchage. De fait, une partie de la récolte est partie sur l’usine de Sarlat.