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28 Oct 2019 | Profession
 

À Linazay (au sud de la Vienne), Daniel Mérigot consacre un quart de ses terres à la production de tabac. Un marché de niche qui reste profitable malgré le contexte difficile que l’on connait (voir Lmdt du 30 et 8 septembre).

Quand il a commencé en 2003 sur des terres longtemps dédiées à la culture du maïs irrigué, cet agriculteur ne cultivait que 4,5 hectares de tabac. Il a décuplé sa production depuis : 7,55 tonnes de feuilles pour près de 1 400 kilos de tabac sec sur 44 hectares.

•• Une tendance étonnante alors que la filière connaît un inexorable déclin en France.

Daniel Mérigot est satisfait des résultats économiques de cette production de niche. « C’est vrai que les prix ont baissé, que c’est très prenant et que c’est moins rémunérateur. C’est gourmand en main-d’œuvre … Mais mon souci, c’est de diversifier notre exploitation familiale pour que ma fille et mon fils puissent reprendre derrière moi » explique-t-il dans La Nouvelle République.

« Sur 168 hectares, on a 12 hectares de pommes de terre semence et 10 hectares de noisetiers. C’est complémentaire avec la luzerne, le blé, le maïs et les féveroles. On est aussi en train de construire des serres pour faire de la fraise d’avril à septembre. »

•• Pour la seule activité liée à la culture du tabac, Daniel Mérigot emploie dix-huit saisonniers, soit sept équivalents temps plein à l’année. Une production de tabac de Virginie sucré entièrement destinée à un autre marché de niche en France, celui de la chicha. La récolte, mécanisée, a commencé début août pour s’achever mi-octobre.

•• Le jour du reportage, une dizaine de saisonniers s’activaient dans le bâtiment dédié au séchage, au triage et au conditionnement. Après cinq à six jours passés dans un four (entre 41 et 65 °) et après une phase de réhydratation, les feuilles vertes constituées à 90 % d’eau auront pris la teinte brunâtre et la texture que l’on connaît au tabac.

« On a fait des investissements. Nous récupérons la chaleur des moteurs thermiques de l’unité de méthanisation construite il y a dix ans pour chauffer les bâtiments de la porcherie Porc Bel Air et pour les fours à tabac. »

•• Dans cette zone de production comprenant la Vienne, les Deux-Sèvres, la Vendée, le nord de la Charente et de la Charente-Maritime, ils étaient près de 300 producteurs il y a 25 ans. « Nous ne sommes plus qu’une vingtaine aujourd’hui dans cet ancien secteur de Poitou Tabac. Nous produisons environ 850 tonnes de tabac sur 266 hectares soit un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros » précise Daniel Mérigot.

•• L’ancienne coopérative Poitou Tabac, basée à Neuville, a fusionné avec Nord et Loire Tabac ainsi que Alsatabac pour former Tabac Feuilles de France dont le siège se trouve en Alsace.

En France, il reste environ 500 producteurs pour une production de près de 5 000 tonnes en 2019. Ils étaient 41 000 dans les années 1970, conclut le quotidien régional.