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22 Mar 2020 | Profession
 

Ils résistent tant bien que mal à la crise du coronavirus malgré les risques pour leur santé et les incertitudes qu’elle fait peser sur leur activité : les marchands de journaux, autorisés à rester ouverts, vivent des journées en forme de montagnes russes, rapporte une dépêche AFP (extraits).

Dans les jours et les heures qui ont précédé l’entrée en vigueur du confinement, de nombreux Français se sont pressés chez les marchands de journaux, surtout ceux situés à proximité de commerces alimentaires ou qui vendent du tabac (40 % d’entre eux), explique ainsi à l’AFP Daniel Panetto, président de l’union des marchands de presse, Culture Presse.

Ce fut le cas dans son magasin situé dans la galerie marchande d’une grande surface, à Ambérieu en Bugey dans l’Ain. Mais depuis, la fièvre est retombée et les clients se raréfient. « On a vu un décrochage radical » témoigne-t-il.

•• « La situation est très contrastée » selon les territoires, résume Daniel Panetto. « On va aller vers une partie du réseau qui va adapter et réduire ses horaires, d’autres qui peuvent continuer à bien travailler selon leur environnement commercial … », mais globalement, « on va continuer à assurer notre mission de service parce qu’elle nous tient à cœur » dit-il. « Et j’espère qu’on va retrouver un petit peu de volume mais clairement, il y a une grande inconnue ».

•• Le Syndicat des kiosquiers, lui, a appelé jeudi ses adhérents à fermer, faute de matériel de protection. « Nous ne sommes pas assez en sécurité pour recevoir du public » et « le confinement fait baisser drastiquement la fréquentation de nos points de vente » juge son président, Hocine Drif.

•• Si certains titres ont réduit leur pagination ou suspendu leur parution, comme la presse hippique, la chaîne d’approvisionnement des marchands de presse fonctionne toujours, et au sein de l’Arcep, le régulateur de la distribution des journaux et magazines, on se dit « très attentifs à la situation et en lien étroit avec le ministère » de la Culture.

•• Les marchands de journaux sont par ailleurs dépendants de l’avenir du principal distributeur de journaux et magazines, Presstalis. Le groupe, chroniquement en difficultés, pourrait se retrouver bientôt en cessation de paiement, sur fond de désaccords entre ses grands actionnaires, les principaux éditeurs de presse.

•• « Personne n’avait besoin du Covid-19 et la filière n’avait pas besoin de ça non plus. On approche d’un dépôt de bilan de Presstalis avec continuation (d’activité), et c’est clairement inquiétant pour les marchands de presse » souligne Daniel Panetto.

Il appelle les éditeurs à tout faire pour que l’approvisionnement de leurs titres ne soit pas interrompu, et que les millions d’euros dus chaque trimestre par la messagerie aux détaillants soient réglés, faute de quoi certains pourraient disparaître. « On est sur un tandem, éditeurs et marchands de presse, et les deux doivent continuer à pédaler, sinon on va perdre l’équilibre et on ne se relèvera pas » prévient-il.