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10 Août 2020 | Profession
 

« Je fais la grève » déclare le buraliste de Saint-Molf près de Guérande (Loire-Atlantique). Depuis le 22 juin dernier il ne met plus en rayon les magazines et journaux nationaux, il n’ouvre plus les colis qui continuent d’arriver au compte-gouttes.

Histoire de protester contre les couacs d’une distribution toujours mise à mal par la restructuration du principal distributeur de presse nationale. Et ce qui se passe dans le département semble significatif.

•• « Les invendus n’étaient plus repris depuis des mois mais je continuais de recevoir de nouveaux magazines et articles divers, ça devenait ingérable. Alors j’ai décidé de ne plus les mettre en rayon. Ces produits ne pèsent pas beaucoup sur l’activité du tabac presse mais c’est un service rendu à la clientèle des petites communes comme Saint-Molf. Or, c’est intenable et on n’a aucun interlocuteur » détaille-t-il à L’Écho de la Presqu’île.

La situation s’était dégradée au printemps et, depuis, Presstalis est devenu France Messagerie avec, à la clé, des coupes claires dans les effectifs et une restructuration en profondeur (voir 2 juillet, 14 juin et 22 avril).

De quoi désorganiser la distribution sur le territoire national. Et pour un certain nombre de buralistes, la transition est compliquée à gérer. « Je me suis battu toute ma vie pour le commerce de proximité. Je ne fais pas cette grève par gaieté de cœur mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour dire ça suffit et être peut-être entendu ».

•• À quelques kilomètres de là, dans la petite commune d’Assérac, une consœur a été encore plus catégorique. Elle a supprimé le rayon presse de son établissement bar-tabac-chambres d’hôtes et ne garde que les journaux régionaux, L’Écho de la Presqu’îlePresse Océan et Ouest France.

« On recevait des tas de produits que l’on ne vendait pas; ceux qui étaient demandés, on ne les avait pas. Les invendus n’étaient pas repris. On passait deux heures par jour à gérer pour une rémunération minimum. La Covid et la situation de Presstalis ont clairement accéléré ma décision ».

•• À Guérande, la Maison de la presse a connu aussi quelques déboires avec la distribution.

« On a 2 500 titres. Avec la restructuration, les changements de systèmes informatiques, les invendus non repris, on a doublé le temps consacré à gérer cette activité. Au printemps, j’ai fini pas suspendre les prélèvements. Depuis quelques semaines, les choses reviennent peu à peu dans l’ordre ».