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3 Août 2018 | Profession
 

Suite à la publication toute récente du rapport Schwartz avec sa « réforme ambitieuse de la distribution de la presse » (voir Lmdt du 26 juillet), l’Association pour l’Avenir des Diffuseurs de Presse (AADP) a fait parvenir, à la presse, une réaction que nous reproduisons intégralement.

« La mission de Monsieur Marc Schwartz touche à sa fin. Le rapport qu’il a rédigé à la demande de deux ministères (Économie et Culture) a été rendu public, contrairement à de nombreux rapports précédents (à l’instar de celui de M. Rameix en décembre 2017). Il en a assuré la présentation, aux acteurs de la filière, cette semaine.

•• « Comme le précise Marc Schwartz dans son introduction, ses propositions n’engagent que lui. Elles sont le fruit de sa culture, culture financière. L’aspect politique – au sens premier du terme, non péjoratif – est moins dans ses gênes. M. Schwartz est plus habitué à satisfaire aux mécanismes de marché qu’à la défense des valeurs fondamentales de la République, et en a pleinement conscience.

•• « Sans analyse ni des causes, ni des conséquences de la disparition de points de vente, il est proposé de susciter l’attrait de nouveaux prétendants.

« Le risque de perte d’indépendance de la commercialisation de la presse ne semble pas être sa préoccupation, pas plus que le maintien des points de vente existants dans les centres-villes, malgré le lien social et l’animation qu’ils préservent. Les propositions faites ne sont pas de nature à enrayer la crise des marchands de journaux. En effet, le point n° 5 du rapport parlementaire (Garcia-Langevin) concernant le remplacement de la facturation actuelle des exemplaires fournis par celle des exemplaires vendus, n’est pas abordé dans ce rapport.

•• « Les ministères de l’Économie et des Finances et, de la Culture ouvrent désormais une phase de concertation sur le fondement des propositions de ce rapport afin de permettre aux différentes parties prenantes de faire valoir leurs points de vue et organiseront également, en septembre, des séances de travail avec la filière sur les principaux sujets, afin de parvenir rapidement au dépôt d’un texte législatif.

•• « L’AADP y participera pour tenter de replacer l’économie au service de la préservation des valeurs démocratiques et de l’activité sociale, et non l’inverse.

•• « Cela va peut-être à l’encontre d’intérêts privés mais ce n’est pas incompatible comme certains tentent de le faire accroire. La dégradation de la situation n’est pas la conséquence du système coopératif mais de l’exploitation qui en a été faite, sans garde-fous. Ce n’est pas en sacrifiant les protections garanties par la Loi (Bichet) que l’on assurera la pérennité du secteur ; seule la réintroduction de l’intérêt partagé en offre la possibilité. Encore faut-il l’imposer, comme cela avait été fait en 1947. Nos valeurs ont-elles changé à ce point pour que l’on ne sache plus le faire ? L’AADP ne le croit pas. La Loi Lang a su, sans aucune contestation, malgré l’opposition initiale des principaux éditeurs, préserver les librairies et la création littéraire. Espérons que l’actuel Gouvernement saura s’en inspirer au lieu de protéger un cartel.

•• « Nous ne voudrions pas, au vu de l’actualité, être les victimes d’un conflit ouvert entre le Gouvernement et les principaux groupes de presse … »