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5 Mar 2017 | International
 

Sa teneur en THC (l’agent psycho-actif Tétrahydrocannabinol) étant inférieure à 1 %, il existe un « cannabis légal à la vente » en Suisse, depuis 2011. Celui-ci contient suffisamment de cannabidiol – une molécule qui décontracte avec des effets curatifs ou anti-douleurs – pour être apprécié des connaisseurs, cependant. Mais c’est seulement ces derniers mois que l’on peut en trouver à Zurich et à Berne, alors que le produit est désormais disponible depuis deux semaines dans les kiosques à tabac de Genève. 

•• « Et ça marche très, très fort » dans les points de vente qui en disposent, selon La Tribune de Genève du 3 mars. Certains kiosques ont vendu, en dix jours, une cinquantaine de « petits pots blancs de 5 grammes », d’autres jusqu’à 150. À 58,39 euros (68,50 francs suisse, un prix proche de celui du marché illégal du cannabis) cela fait vite gonfler le chiffre d’affaires.

Et si l’on en croit les vendeurs, les acheteurs, lassés des produits trop forts que l’on trouve sur le marché noir, recherchent les propriétés du cannabidiol. « Des gens de tout âge en achètent. J’ai même un malade de Parkinson qui me dit prendre ainsi moins de médicaments » témoigne un buraliste. Et le prix n’est pas rédhibitoire : « ici tout ce qui est cher se vend. Surtout les produits faits en Suisse » poursuit-il.

•• Une quinzaine de petites sociétés de production s’activent sur le marché, à l’instar de CBD Livraison qui vient de se lancer dans les « petits pots blancs ». « Nous contrôlons toute la chaîne de production » explique le patron de la société genevoise, « le cannabis est cultivé en Suisse alémanique et le produit est analysé par des laboratoires agréés pour s’assurer que le taux de THC ne dépasse pas 1 % ». Il s’occupe ensuite du conditionnement et de la vente. Actuellement, il fournit une quinzaine de kiosques et son téléphone n’arrête pas de sonner. « Le marché est embryonnaire mais il va exploser. Il peut peser des milliards ».

•• Reste que si la vente de ce produit est autorisée, la législation est encore peu connue. « J’ai averti les autorités sanitaires et la brigade des Stupéfiants mais personne n’a vraiment compris de quoi je parlais. Seul l’Office fédéral de la Santé m’a prévenu que je ne pouvais pas utiliser l’argument des effets thérapeutiques dans mon marketing » explique le patron de CBD.

Autre problème : la TVA. Pour l’instant « ce cannabis light » est soumis à 8 % comme pour les produits agricoles, mais il semblerait qu’un projet se fasse jour pour lui appliquer la TVA applicable au tabac. Or, tous ses consommateurs ne fument pas ce cannabis, certains le prennent en tisane, par exemple. En tout cas, il est recommandé d’interdire sa vente aux moins de 18 ans.