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7 Fév 2021 | International, Profession
 

Deux jeunes entrepreneurs zurichois ont décidé, l’automne dernier, de relancer la production des « Sullana ». Une marque de cigarettes suisse qui avait disparu du marché dans les années 60, après des années glorieuses.

Il y a quelques années, l’adolescent Beat Geie fait le lien entre une enseigne d’époque peinte sur le mur d‘une ancienne fabrique à Zurich et une vieille boîte en ferraille dénichée chez sa grand-mère, portant le nom de « Sullana ». Ce passionné d’histoire commence alors à dépoussiérer cette époque, rapporte RTS (Radio Télé Suisse). 

•• L’entreprise, fondée en 1916, produisait alors toutes sortes de cigarettes : les « Apollon », les « Hera » et les « Sullana » du nom d‘une cité péruvienne.

Dans les années 30, ces dernières étaient les cigarettes à 1 franc les plus populaires en Suisse. « Une cigarette qui ne gratte pas la gorge, c’est leur secret » reprenait son slogan publicitaire. Le succès et la notoriété ne seront pas démentis jusqu’à la fin des années 50.

L’entreprise est ensuite rachetée par le groupe Rothmanns NL et la marque disparaît.

•• Le jeune banquier, Beat Geier, et son collègue Stefano Pibiri, ont donc décidé de se lancer dans un projet un peu fou, faire renaître la Sullana de ses cendres. Pour cela, ils s’associent avec une autre jeune entreprise Koch und Gsell … qui produit depuis 2016 les cigarettes au chanvre Heimat (voir 24 novembre 2019, voir 4 mai et 17 avril 2018).

« Ce que nous voulons, c’est créer un produit local, nos tabacs sont cultivés en Suisse et nous garantissons un prix équitable aux producteurs et un prix abordable au consommateur » soutiennent les entrepreneurs. La « Sullana » d’aujourd’hui n’est plus la cigarette à 1 franc de l’époque, il faudra débourser 8,70 francs suisse (soit 8 euros) pour 20 cigarettes.

Ils viennent de produire 12 000 paquets : « nous n’avons pas du tout l’intention de nous glisser sur le marché international, nous visons une clientèle de nostalgiques. C’est un produit de niche, nos cigarettes sont vendues dans des kiosques indépendants, des restaurants, des bars ou des magasins bio. Nos cigarettes plaisent surtout à ceux qui trouvent que c’était mieux avant », explique encore Beat Geier à RTS.