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20 Fév 2019 | E-cigarette, International
 

Certains experts antitabac veulent que soient autorisées des concentrations en nicotine cinq fois plus élevées pour les e-cigarettes que le niveau souhaité par le Conseil fédéral.

Ils en ont fait part, ce mardi 19 février, lors de l’examen, par la Commission de la santé du Conseil des États, de la nouvelle loi sur les produits du tabac.

Derrière cette proposition, on trouve notamment Dominique Sprumont, de l’Université de Neuchâtel, Jean-François Etter, de l’Université de Genève (voir Lmdt du 16 avril 2015) et Thomas Zeltner, ancien directeur de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). L’idée : pousser un maximum de fumeurs vers le vapotage, présenté comme moins mauvais pour la santé que les cigarettes classiques.

•• Pour eux, il faut continuer de protéger les mineurs contre les dangers des produits du tabac, y compris les cigarettes électroniques, via des interdictions de publicité et de vente. Mais les fumeurs adultes doivent pleinement bénéficier de solutions de rechange moins nocives.

•• Alors que le Conseil fédéral veut fixer la dose maximale de nicotine dans les liquides à 20 mg/ml, comme le préconise la directive européenne, cette limite ne repose sur aucune donnée scientifique convaincante, selon les experts en question.

D’autant que des concentrations plus élevées permettraient aux vapoteurs de satisfaire leur dépendance à la nicotine tout en n’absorbant qu’une quantité minimale de particules nocives en aérosol, expliquent-ils.

•• Leur proposition ne convainc pas tout le monde … loin de là.

Une quarantaine de médecins ont écrit une lettre à la commission des États pour la mettre en garde contre les nouveaux produits tels que la vapoteuse Juul (voir Lmdt du 12 février 2019).  Selon ces praticiens, « les risques pour la santé seront loin d’être négligeables si l’État permet à ces produits de rendre le cerveau particulièrement sensible des jeunes dépendant à la nicotine ».

•• Le directeur de la Fondation suisse de lutte contre les dépendances, Grégoire Vittoz, est lui aussi opposé à la proposition des experts. A son avis : la question du taux de nicotine dans les e-cigarettes est secondaire. Le plus important est d’empêcher les jeunes de vapoter. La norme européenne de 20 milligrammes proposée par le Conseil fédéral irait donc dans le bon sens, selon lui.