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15 Sep 2014 | Profession
 

Usine Industrie TabacAlors que ce lundi 15 septembre s’annonce très important dans le conflit social lié à la fermeture de l’usine Seita de Nantes/Carquefou – et au-delà des déclarations à effet immédiat, de part et d’autre, qui accompagnent une négociation arrivant à un point crucial (voir Lmdt des 11 et 12 septembre) – il n’est pas inutile  de  rappeler un certain nombre d’éléments de contexte.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

• La filière tabac est confrontée à un mouvement général de désindustrialisation en Europe.
. C’est tout un projet de réorganisation de son outil industriel qu’Imperial Tobacco met en place (voir Lmdt du 15 avril). Et qui implique les fermetures de Nantes et de l’usine historique du groupe au Royaume-Uni : Nottingham (570 salariés) où l’accord d’accompagnement social a déjà été signé, en juin, avec engagement du maintien d’un certain niveau de production jusqu’au bout.
. Au même moment, Philip Morris International ferme sa grande usine de Bergen op Zoom (1 230 salariés), près de Rotterdam (voir Lmdt du 4 avril).
Ces annonces, déjà, s’inscrivent dans le grand mouvement de désindustrialisation que connait l’Europe occidentale. Mais il y a des raisons propres au tabac.

• Ces usines étaient entrées en phase de sous-capacité de production chronique.
Par exemple, l’usine de Nantes ne fonctionnait, l’année dernière, qu’à 43 % de ses capacités. Nottingham, 41 %. « La réalité, c’est que l’Europe est la partie du monde la plus affectée par les difficultés actuelles du marché du tabac et ses baisses de volume. Or, notre groupe y réalise 50 % de son activité mondiale et, pour des raisons historiques, nous comptons pas moins de six usines dans cette zone, dont trois en France. Cela nous fragilise d’autant. La réalité, enfin, c’est que l’on ne doit pas produire si l’on ne vend pas » (Martin Carroll, président de Seita, dans une interview au magazine Le Losange de mai 2014).

• De fait, force est de prendre en compte les difficultés réelles et structurelles  du marché des cigarettes.
On ne rappelle jamais assez qu’en France le marché des cigarettes s’est contracté de prés de 50 % depuis 2000. Le phénomène de la contrebande, et de tout ce qui constitue le marché parallèle, aggravant les choses.

• Mais les gouvernements ont aussi leur part de responsabilité.
« Personne ne peut nier que nous sommes dans le collimateur des pouvoirs publics, avec des mesures de plus en plus coercitives qui se traduisent par une augmentation sans précédent des ventes transfrontalières et de la contrebande » (Martin Carroll dans le même interview ).
« Alors que le déclin du marché officiel des cigarettes en Europe est dû, en partie, à des considérations sociétales et économiques, Philip Morris n’a eu de cesse d’alerter quant à l’impact négatif de politiques normatives et fiscales excessives. Lesquelles suscitent un environnement favorable à l’activité des réseaux de délinquants impliqués dans le tabac illégal. Malheureusement, les nouvelles réglementations qui nous concernent, telle la nouvelle Directive tabac européenne, ne font rien pour traiter ce problème grandissant » (Drago Azinovic, président de Philip Morris International pour l’Europe, lors d’une déclaration à la presse le 4 avril).