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9 Août 2019 | Pression normative
 

Va-t-on assister au retour de l’alcool dans les stades ? 

Des propositions de loi en ce sens ont, en tout cas, été déposées (ou seraient en voie de l’être) par des députés de la majorité et même de l’opposition : au grand dam des addictologues qui dénoncent des textes « sous l’influence de lobbie ». Même si ces propositions se veulent très prudentes et s’inscrivent toujours dans un cadre réglementaire contraint.

Donc, tout commence par la polémique.  « Sous prétexte de soutien au sport, ces députés se font le relais fidèle du lobby alcoolier qui, années après années, rogne progressivement la plus grande loi de santé publique dont la France soit dotée » dénonce ainsi – dans un communiqué repris par Europe 1 – l’Association nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA).

•• La Loi Evin. De fait, la de 1991 contre le tabagisme et l’alcoolisme interdit la vente, la distribution et l’introduction de boissons alcoolisées dans tous les établissements d’activités physiques et sportives.

Les clubs disposent cependant d’une dérogation pour vendre de l’alcool dix fois par an. La loi restreint également la publicité pour l’alcool.

•• Et quelles sont les initiatives parlementaires ? 

105 députés de La République en Marche (LREM) ont déposé, fin juillet, une proposition de loi « visant à faire de la France une nation sportive », dans laquelle ils proposent « d’assouplir de manière encadrée » la loi Évin « dans les stades, en étendant l’octroi d’autorisations temporaires de vente d’alcool aux sociétés sportives ».

Face à la polémique grandissante, l’une des signataires, la députée LREM Michèle Peyron (Seine-et-Marne) a déjà pris ses distances sur Twitter en se disant « farouchement » contre le retour de l’alcool dans les stades.

Déjà, en février, une quinzaine de députés Les Républicains (LR) – menés par le député des Vosges Stéphane Viry – avaient déjà signé une proposition de loi allant dans le même sens, alors que Valérie Beauvais (LR) avait présenté un autre texte visant, lui, à autoriser le sponsoring des clubs sportifs par des entreprises viticoles et des brasseurs français.

Dans un rapport remis à Matignon, en novembre dernier, la députée de la Nièvre Perrine Goulet (LREM) avait proposé de passer de dix à quinze les événements annuels où les clubs sont autorisés à vendre de la bière. Elle suggérait elle aussi d’assouplir également les restrictions de publicité pour les marques d’alcool sur les sites internet sportifs et le retour du sponsoring d’équipes françaises pour les viticulteurs et les brasseurs.

•• Réplique. « Il nous semble important de rappeler à ces députés que la consommation d’alcool est incompatible avec le sport » car sa « promotion (…) via les compétitions sportives » vise « à banaliser la consommation générale » et « en premier lieu, celle des jeunes qui constituent la majorité du public » soutient l’ANPAA appelant le pouvoir à sa « responsabilité » vis-à-vis de « la santé publique ».

L’association dénonce, dans ces Propositions de loi, l’enjeu économique que représente le sponsoring de futurs événements sportifs en France : comme la Coupe du monde de rugby de 2023 et les Jeux olympiques de Paris en 2024.