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28 Mai 2019 | Profession
 

À Châtellerault, une vingtaine de buralistes et autres petits commerces font office de point relais. Centre Presse (édition 24 mai) a pris pied chez le buraliste Philippe Chevalier, aux commandes du « Tabac Bleu », pour décrypter un marché en plein essor.

Un vendredi après-midi, le buraliste croule presque sous les arrivages de colis internet : trois gros sacs blancs renfermant une kyrielle de colis commandés en ligne par des consommateurs. Il jongle entre le déballage des commandes qu’il faut stocker et les clients qui défilent. En une demi-heure, une petite dizaine de clients se manifeste pour retirer leur commande internet.

•• « Ça se développe à une vitesse incroyable. J’ai démarré il y a sept ans en reprenant le commerce et le volume des colis ne cesse de croître. Il s’est multiplié par deux en sept ans. »

Philippe Chevalier dit recevoir en ce moment 30 à 40 cartons. « C’est comme ça tous les jours (sauf le dimanche et le lundi). Ça fonctionne vraiment bien ».

•• Et tout cela au plus près des tendances de consommation … Ce phénomène de retrait en commerces de colis commandés sur internet s’est notamment accéléré depuis quelques mois à Châtellerault avec une plateforme de revente en ligne de vêtements d’occasion qui cartonne. « La mode depuis six mois, c’est la vente de particulier à particulier de produits, notamment Vinted. Vinted doit représenter un tiers des colis que je reçois. »

•• Les clients des points relais commandent à tout-va sur des sites comme Amazon.com, Cdiscount et La Redoute, Nexpresso ou encore Showroomprive : « je reçois notamment des vêtements, des télés, des ordinateurs, de l’électroménager … mais aussi des plantes, des rosiers, des pieds de tomate, des croquettes pour chats, des litières », égrène le buraliste qui attrape des mains le sac retour de capsules de café usagées d’une cliente.

•• Autre indicateur de ce marché en plein essor : plusieurs opérateurs logistiques (Mondial Relay, UPS, Relais Colis, Pick up…) travaillent avec la vingtaine de points relais colis recensés dans la ville.

Ce phénomène croissant des colis internet en points relais ne semble pas prêt de s’arrêter, d’autant que le projet d’une taxe d’un euro (pour aider les commerces de proximité face à la concurrence du e-commerce) sur les colis achetés par internet ne concerneront que les colis livrés à domicile. Et pas en points relais qui seraient exonérés de cet euro supplémentaire. Encore faut-il que ce projet aille jusqu’au bout.