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16 Juin 2017 | Observatoire
 

En France, on ne parle du recyclage des mégots que depuis récemment. Malgré un marché prometteur (854 000 tonnes par an, selon Natura Sciences) et l’existence de toute une filière pour le recyclage des déchets (Terracycle), l’obstacle majeur reste la collecte de ces déchets particuliers que sont, justement, les mégots.

•• Au-delà de quelques initiatives locales (cendriers de rue collecteurs, comme dans le 9ème arrondissement de Paris / voir Lmdt du 5 janvier 2016), deux jeunes entreprises françaises ont décidé d’investir sur ce créneau en apportant une solution globale et clé en mains pour les entreprises ou collectivités.

•• La start-up lyonnaise Cy-Clope a déjà installé plus de 130 000 cendriers géants en France, qui sont vidés une fois par mois (voir Lmdt du 15 juin 2016).

•• La jeune entreprise bretonne, « Éco Action + » s’apprête à lancer effectivement une ligne de valorisation de mégots de cigarettes, à transformer en plaques de plastiques destinées à fabriquer du mobilier urbain (voir Lmdt du 28 juillet 2015).

Spécialisée dans la collecte de déchets de bureaux, « Éco Action + », a, en effet, affiné un process breveté, permettant de dépolluer de 80 à 100 % les filtres de cigarettes usagés, après traitement en circuit fermé.

« On a investi un peu plus de 120 000 euros en recherche et matériel. La ligne de traitement sera prête pour la mi-juin », assure, dans Le Télégramme du 9 juin, Bastien Lucas, patron d’« Éco Action + », et de « MéGo ! », société spécialement créée pour porter cette nouvelle activité. Les premières plaques de plastiques devraient sortir dans le courant de l’été pour, in fine, être transformées en mobilier urbain, grâce au concours d’un designer brestois.

•• Côté collecte, « MéGo ! » a déjà signé des accords avec des entreprises de la région tels Hénaff ou B & B Hôtels, et développe un dispositif national, grâce à un réseau de concessions partenaires. « Le recyclage n’est pas une fin en soi. Le but réel, c’est de ne plus voir de mégots jetés au sol. Donc, on met en place des dispositifs de collectes un peu ludiques, on fait du conseil au salarié, on propose un outil de reporting (rendu des performances) sur l’impact écologique, etc. », liste Bastien Lucas.

•• Pour l’heure, la petite entreprise a collecté quelque 800 kilos de mégots, quand son unité de traitement est capable d’absorber jusqu’à 50 tonnes à l’année : « on va commencer en douceur : l’objectif est d’atteindre les deux tonnes en 2017 ».

Environ 60 kilos de mégots seraient nécessaires à la fabrication d’un banc en filtres de cigarettes recyclées.

(Voir aussi Lmdt du 10 juin 2017).