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12 Nov 2020 | Profession
 

Circonstance sanitaire oblige, suite de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 9 et 6 novembre).

•• Avec le reconfinement, la patronne d’un bar-tabac à Longchamp (1 180 habitants, 26 kilomètres de Dijon) ne peut plus compter sur son activité de restaurant, traiteur et bar.

Pour limiter la perte de revenus, elle a mis en place des plats à emporter et développe la partie réception de colis. « Je ne me verse pas de salaire depuis le mois de mars et ce deuxième confinement est un vrai coup de massue (…) Même pour les charges sociales, c’est reporté, mais il faudra bien payer un jour ! ».

Pour compenser la perte d’activité traiteur (25 % de son chiffre d’affaires), elle propose avec sa fille des plats à emporter tous les midis et compte sur un sursaut des habitants pour la soutenir. « Lors du premier confinement, qui était très dur, les habitués ont joué le jeu, cela a permis de limiter la casse. Là, c’est plus dur car les gens ne sont pas vraiment arrêtés, le travail et l’école se poursuivent et les habitudes d’achat à l’extérieur aussi ».

Depuis un an, elle est « point Mondial Relay », avec une vingtaine de colis par jour, les premiers jours…Une activité qu’elle développe aujourd’hui pour compenser sa baisse de revenus. Elle reçoit ainsi actuellement 100 à 200 colis quotidiennement (en partie en raison de la fermeture d’autres points relais).

« Cela me fait mal de voir mon comptoir de bar rempli de colis, ce n’est pas mon métier de départ. Heureusement que l’on travaille en famille pour passer cette sale période » (Le Bien Public).

•• « Pas beaucoup de monde » déplore le buraliste d’un tabac-presse à Servian (4 550 habitants, 15 kilomètres de Béziers).

Depuis la reprise de cette affaire en 2009, il connaît des évènements en cascade  : « au moment où je pensais pouvoir m’en sortir, il y a eu les travaux et le premier confinement. Tout allait mieux depuis mai, et voilà un nouveau confinement. Il faut savoir que la presse m’est imposée.  Je paie la livraison et pas ce que je vends. Les invendus sont défalqués, mais comme une autre livraison suit, le problème reste le même » (Midi Libre).

•• Malgré un reconfinement moins strict, l’affluence est particulièrement faible dans le centre de Nancy. Le système du « click and collect » ne semble pas encore fonctionner à plein dans le centre-ville contrairement aux grandes surfaces installées en périphérie.

Un buraliste de la place Stanislas a vu les touristes disparaître de son établissement. La semaine, les habitués et les travailleurs de passage ou les passants se rendant à la mairie ainsi qu’ à la préfecture sauvent les meubles. Mais le week-end … : « aujourd’hui, c’est très compliqué. Regardez la place, elle est vide. Je vais peut-être baisser le rideau vers 17 h 30, au lieu de 19 heures habituellement ».

L’ambiance est différente plus loin du centre …« Les habitués restent fidèles et compatissent. Ils viennent discuter, ça fait chaud au cœur » témoigne le patron d’un bar-tabac-brasserie. Avec sa femme, il a mis en place un service de repas à emporter pour les habitants du quartier. Mais il est contraint d’ouvrir un jour supplémentaire pour pallier la fermeture de son bar. « C’est un moment difficile mais on n’est pas inquiet » (L’Est Républicain).

•• Et de deux … Le patron d’un bar-tabac à Chauvigny (7 100 habitants, 25 kilomètres de Poitiers) vit la situation de ce reconfinement entre agacement et fatalisme. « Je suis sceptique et pas bien sûr que cela serve à grand-chose. La plupart des petits commerçants, dont nous faisons partie, avons appliqué les gestes barrières, mis en place des choses pour se protéger et protéger la clientèle et le seul retour du Gouvernement … c’est de reconfiner et de nous refaire fermer totalement ou partiellement nos commerces. »

« C’est une vraie punition. Je ne vois pas en quoi, aller chez le coiffeur ou chez le libraire est plus dangereux que de fréquenter une grande surface. Alors, finalement, on peut acheter un paquet de tabac mais pas un livre. Ça semble totalement incohérent ! »

« On constate qu’avec la fermeture des bars, les gens se sont souvent réunis chez eux, sans vraiment respecter les gestes barrières, en favorisant sans doute une transmission du virus plus importante. Certains ont également bravé les interdits. Je sais, par exemple, qu’à Paris, des bars ont utilisé des locaux commerciaux vides et vacants pour se réunir et faire la fête la nuit. On paye tout ça. »

« Je suis persuadé que nous allons être confinés jusqu’à fin décembre voire au-delà. Je pense que le Gouvernement ne veut pas que les gens se réunissent pour les fêtes de Noël pour éviter un nouveau pic du virus. En même temps, ça paraît assez logique  » (La Nouvelle République).