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7 Déc 2020 | Profession
 

En cette phase de déconfinement partiel, poursuite de la revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 6 et 3 décembre).

•• Derrière son comptoir protégé par un film plexiglas, aucun changement au niveau de ses habitudes professionnelles annonce Marianne Dauga, présidente des buralistes du Gers et buraliste à Mirande (3 400 habitants, 24 kilomètres d’Auch) : « toujours autant d’allées et venues dans le magasin, avec même un peu plus de clients qui ne vont plus acheter leur tabac à l’étranger, et qui se rabattent sur notre réseau local. »

Très solidaire avec les commerçants qui sont restés fermés depuis le 28 octobre, elle a proposé de faire des dépôts dans son magasin afin que le client puisse récupérer ce qu’il avait commandé, mais ça n’a pas vraiment marché.

« J’estime qu’il fallait être solidaire dans cette période très compliqué. Je suis consciente que nous faisons partie des magasins d’utilité publique (…) Après, il est clair qu’il faut laisser les gens travailler, nous sommes tous capables de gérer un parcours fléché et du gel désinfectant à l’entrée, avec un magasin limité pour ma part à 4 personnes et le port du masque obligatoire ».

« Je pense que d’avoir permis la réouverture de tous les commerces de proximité est une très bonne chose (…) Notre centre-ville a besoin d’être dynamisé et si tous mes collègues ferment les uns après les autres parce qu’ils n’ont pas réussi à se redresser, ça n’est vraiment pas une bonne chose pour la ville ».

•• Sur un plan économique comme en termes de lien social, pour la patronne d’un bar-tabac de Bressuire (19 000 habitants, au nord des Deux-Sèvres), le deuxième confinement est vécu difficilement : « Décembre est toujours un très gros mois mais là, on ne peut que proposer des boissons comme le café ou les chocolats chauds à emporter. Et financièrement, cela ne représente qu’une infime partie de ce qu’on devrait faire ».

Tabac, presse, jeux, ces activités continuent, mais les commissions sur ces produits sont bien trop faibles.

Et ce qu’elle ne peut quantifier, c’est la perte en termes de lien social. Entre les habitués de la journée, ceux qui passent, le matin ou le midi avant de travailler et, surtout en décembre, les familles qui s’arrêtent prendre le goûter après avoir fait leurs achats de Noël ou une simple balade pour découvrir les illuminations …

« Pour moi, moralement, ce deuxième confinement est plus dur à vivre que le premier. Depuis que les autres commerçants ont rouvert, samedi dernier, on voit du monde passer, on voit bien que les gens sont conscients de la nécessité d’aider leurs commerçants, et c’est tant mieux, mais personne ne peut s’arrêter chez nous pour passer un moment. Quoi qu’il en soit, nous allons tous y laisser des plumes » (Ouest France).