Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
12 Nov 2020 | Profession
 

Les frontières ne sont (pour l’heure) pas fermées.  On peut donc se rendre en Belgique et acheter des cigarettes moins chères. Dans La Voix du Nord, des buralistes du Douaisis se plaignent d’un manque à gagner et veulent « plus de filtre » à la frontière (voir 29 octobre). 

•• « Ils habitent tous près de la frontière ou quoi ? » réagit un buraliste à Auby (6 kilomètres de Douai). Il sait bien que les Douaisiens continuent à se déplacer impunément outre-Quiévrain. Il le voit dans ses ventes de cigarettes : « je vends pour 1 200 euros de tabac par jour actuellement, j’en faisais plus du double lors du premier confinement ».

Alors que les frontières étaient fermées, cet afflux de clientèle lui avait permis de compenser la perte de chiffre d’affaires liée à la fermeture de la partie bar de son établissement.

•• Même constat chez un collègue à Douai. « Je suis actuellement à un client tous les quarts d’heure alors qu’au printemps, ça défilait. En temps normal, je suis à 1 000 euros par jour de vente de tabac, pendant le confinement, j’étais passé à 2 000 euros et là, je suis à peine à 500 euros. Ils sont où les contrôles ? »

Même si l’activité PMU continue avec des courses qui restent programmées, il ne peut pas accueillir les turfistes dans sa salle, le bar étant fermé : « ils parient sur leur application. On va perdre cette clientèle. Ce confinement de novembre va faire mal aux petits commerçants. En mars, on s’en est sorti grâce au tabac. Ça limitait la casse car ça compensait la fermeture du bar dont l’activité est celle qui nous rapporte le plus. Là, c’est plus dur. »

•• À Orchies (20 kilomètres de Douai), le patron ne réclame pas forcément la fermeture de la frontière belge mais ressent une certaine nostalgie pour le printemps confiné. « En mars, avril, début mai, j’ai multiplié mes ventes de tabac par cinq et réalisé 50 % de mon chiffre d’affaires annuel » raconte-t-il.

Avec la frontière restée ouverte, le commerçant – revenu à un niveau de vente classique – rit jaune : « le nombre de fumeurs ne baisse pas comme on le dit, c’est juste que les frontaliers fument belge, espagnol ou luxembourgeois. Pas sûr qu’ils se contentent de ramener une seule cartouche d’ailleurs. Tout ça, c’est de l’argent perdu par l’État français. »