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9 Août 2018 | Trafic
 

À l’occasion de la récente sortie du rapport KPMG pour 2017 (voir Lmdt des 6 et 2 août31 juillet), le Royal United Services Institute for Defence and Security Studies (RUSI) a publié, ce jour, un communiqué.

Basé à Londres, RUSI est un institut de recherche reconnu et spécialisé dans tous types de problème de sécurité et de défense. C’est lui qui a commandé « une étude avec des données quantitatives fournies par KPMG dans son rapport annuel intitulé Projet Sun.»

RUSI précise recevoir pour son étude un financement de la part de British American Tobacco et de Philip Morris International. Nous reproduisons le communiqué ci-dessous.

« La dernière étude de KPMG commandée par RUSI révèle que près de 45 milliards de cigarettes illicites ont été consommées en Europe en 2017, malgré une baisse de 7,4 % par rapport à 2016. Cela équivaut à 10 milliards d’euros de recettes fiscales en moins pour les gouvernements, les cigarettes illicites ayant représenté 8,7 % de la consommation totale en 2017.

•• La baisse globale de la consommation de cigarettes illégales s’est produite dans un contexte d’efforts accrus des autorités pour endiguer le phénomène du commerce illicite de cigarettes. Toutefois, la consommation de cigarettes illicites a continué d’atteindre des niveaux élevés dans certains pays, dont le Royaume-Uni, les pays Baltes et la Roumanie. Ces niveaux constatés s’inscrivent dans un contexte où les contrebandiers et contrefacteurs ont continué de tirer profit des écarts de prix élevés entre les différents pays ainsi que de la forte demande des consommateurs pour des produits moins chers et donc illicites.

•• Chiffres-clé :

• 44,7 milliards de cigarettes de contrebande et de contrefaçon ont été consommées en Europe en 2017, privant les gouvernements de 10 milliards d’euros de recettes fiscales.

• La consommation de cigarettes illicites a diminué de 7,4 % en Europe par rapport aux niveaux de 2016, année où les pertes de recettes fiscales s’élevaient à 10,2 milliards d’euros, poursuivant ainsi la tendance à la baisse constatée au cours de la période 2015-2016.

• Les flux de cigarettes dites de marques blanches (« Illicit Whites ») sans étiquetage spécifique à un pays constituent la plus importante source de cigarettes illicites en Europe en 2017, malgré une baisse des flux en provenance de la Biélorussie et de l’Ukraine – les principaux pays sources en 2016.

• En 2017, les cigarettes de contrefaçon représentent une part de la consommation générale de cigarettes illicites plus importante que durant les quatre dernières années.

• Cinq pays (France, Pologne, Royaume-Uni, Allemagne et Roumanie) représentaient plus de 62 % de la consommation de cigarettes illicites en Europe en 2017.

• Malgré une baisse générale, les cigarettes de contrebande et de contrefaçon au Royaume-Uni et en Irlande sont respectivement passées à 18 % et 20 % de la consommation, deux des taux les plus élevés de l’étude.

•• Cette étude a été commandée par RUSI, avec des données quantitatives fournies par KPMG dans son rapport annuel intitulé Projet Sun. Il s’agit de l’unique rapport de ce type visant à enquêter annuellement sur l’ampleur et les différentes formes de consommation de cigarettes illicites en Europe, Norvège et Suisse et permettant une comparaison d’année en année.

•• Cette année, RUSI a fourni une analyse supplémentaire sur les tendances importantes et évolutions constatées sur le marché parallèle, y compris sur l’utilisation d’Internet et des services postaux pour faciliter le commerce illicite de cigarettes. Cette analyse jette les bases d’un prochain rapport par RUSI qui sera publié début octobre 2018 et qui explorera de façon plus détaillée comment le crime organisé tire profit de l’utilisation d’Internet et des services postaux.

•• Cathy Haenlein, directrice de recherche chez RUSI, souligne l’importance de ce sujet. « Les organisations criminelles impliquées dans le commerce illicite de cigarette font de plus en plus usage de plateformes en ligne et des services postaux pour faciliter leurs activités, une tendance qui lance un défi considérable aux services de police dans toute l’Europe et qui ne semble pas être sur le point de s’inverser », a-t-elle expliqué. « Il est primordial d’approfondir nos connaissances sur cette dynamique, qui semble toujours très importante selon les chiffres de la consommation publiés par KPMG. »