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6 Juil 2017 | Trafic
 

C’est le constat, se voulant réaliste, que tire Ivan Letessier, dans Le Figaro du 5 juillet, à la lecture du rapport Sun du cabinet KPMG sur le marché parallèle du tabac en Europe (voir Lmdt du 5 juillet).

•• Sur les 60,77 milliards de cigarettes fumées dans l’Hexagone (en recul de 1 % sur un an), seules 44,31 milliards (soit 72,9 %) sont passées dans une civette tricolore. « Critiqué par la Cour des comptes dans son dernier rapport, le monopole des buralistes n’en est déjà plus un depuis longtemps » en déduit le journaliste.

Et de souligner que :

• 7,67 milliards de cigarettes (12,3 % du marché) ont été achetées  « le plus légalement du monde » par les fumeurs ou leurs proches, soit en boutiques hors taxes d’aéroport (2,02 milliards), soit chez un détaillant dans un pays limitrophe ;
• 8,96 milliards (14,8 % du marché) le sont illégalement : cigarettes acheminées illégalement en France et revendues par des réseaux de contrebande. La contrefaçon ne pesant que pour 1,9 %.

•• Si le phénomène du marché parallèle a augmenté de 9,2 %, de 2012 à 2015, il a stagné en 2016. Selon KPMG, cette stabilité s’explique par celle des prix en France (la dernière hausse remonte à 2014), le resserrement des écarts de prix avec la Belgique (un euro par paquet), la baisse des déplacements en Espagne ou encore le travail des Douanes (441 tonnes de tabac saisies l’an passé), reprend Le Figaro.

•• « L’ampleur du marché parallèle et son maintien à un niveau inquiétant témoignent de la nécessité d’une approche plus globale. Cela doit reposer sur le renforcement des moyens opérationnels à la disposition des autorités répressives  » assure un porte-parole de Philip Morris France.

Selon Le Figaro, les industriels s’inquiètent surtout de la forte hausse des prix prévue en janvier, dans le cadre du projet gouvernemental de porter progressivement le prix du paquet à 10 euros (voir Lmdt des 4 et 5 juillet).

« Dans un contexte où la France présente les prix de vente des cigarettes les plus élevés d’Europe continentale, une nécessité s’impose », poursuit le porte-parole de Philip Morris, « celle d’éviter toute nouvelle mesure fiscale qui viendrait accroître encore les écarts de prix, accélérateurs du développement du marché parallèle » (voir Lmdt du 5 juillet).