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5 Fév 2018 | Profession
 

Réveil matinal concomitant des médias sur l’accord Gouvernement /Confédération (voir Lmdt du 2 février) et l’augmentation des prix tabac au 1er mars (voir Lmdt du 4 février). 

•• Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains, s’est déclarée sceptique sur la hausse des prix du tabac au micro de Jean-Michel Apathie sur France Info, ce lundi : « je pense que compte tenu de la hausse globale des taxes (énergie, carburant, …), ça va faire beaucoup dans le portefeuille des Français.

« C’est difficile d’évaluer l’impact de ces augmentations, il y a beaucoup d’études qui se contredisent. Je pense que le maximum des efforts doit être mis sur la prévention et ne pas punir celui qui n’a pas la capacité de s’arrêter en le faisant payer plus cher … ».

•• Dans une interview au Progrès, Gilles Grangier (président des buralistes de la Loire) voit plutôt l’avenir en sombre avec les augmentations du prix du tabac, en pondérant « malgré tout, nous venons de signer un Protocole d’accord avec l’État pour éviter que la profession perde trop de débitants de tabac. »

Son souci sur lequel il interpelle depuis deux ans : le développement du marché parallèle du tabac (voir Lmdt des 15 novembre, 29 juillet et 11 février 2017). « Les douanes ont mené des actions dans un secteur sensible et dans d’autres quartiers de Saint-Étienne.

 » Il y a eu des fermetures administratives de locaux d’associations culturelles étrangères et d’épiceries qui fermaient très tard le soir et qui vendaient du tabac sous le manteau illégalement. Mais ce n’est pas suffisant car les peines ne sont pas à la hauteur du trafic et ces trafics demeurent un peu partout. »

•• Un reportage de BFM/RMC – en contrepoint de la déclaration de Philippe Coy sur l’accord État/Confédération (voir Lmdt du 4 février) – signalant qu’il « n’y a pas de formule magique ».

Un client d’un débit de tabac parisien (16ème arrondissement) annonce qu’il « ne vient acheter que des cigarettes. Je n’ai pas besoin d’autres produits ».

Réponse désabusée du buraliste qui a déjà joué la carte de la diversification (boissons, biscuits, pansements, préservatifs, etc.) : « depuis deux ans, j’ai perdu plus d’un million sur le chiffre d’affaires tabac. Le tabac représente encore 55 % de mon CA global, la FDJ 30 % et après … les cigarettes électroniques, les cartes prépayées et la téléphonie pour environ 20 %. »

•• Enfin l’éditorial économique pour les « nuls » d’Éric de Riedmatten sur CNews : « … plus de petites hausses, l’objectif c’est une génération sans tabac … L’État se dit qu’un jour il aura moins de recettes fiscales, en même temps, il doit aider les buralistes …

« Ces derniers se sont engagés à éradiquer le tabac, ce qui est incroyable. Ils se sont même engagés à démonter la petite carotte et à trouver de nouvelles sources de recettes. C’est une révolution, une évolution …

« On se pose aussi la question de savoir si le tabac un jour ne sera pas tout simplement interdit. Le paradoxe c’est que le cannabis pourrait être légalisé ».