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23 Fév 2018 | Pression normative
 

Rédacteur en chef Santé du Figaro Magazine, Christophe Doré signe un article – dans l’édition de cette semaine – qui démolit la politique actuelle de lutte contre le tabagisme : les pouvoirs publics ont édifié, à force d’ambiguïtés, une république d’insatisfaits face au tabac, annonce-t-il. 

Ce sujet s’inscrivant dans un dossier spécial intitulé « Ces libertés qu’on nous enlève ». Extraits :

•• (…) « C’est qu’après l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics, le débat autour de la consommation du tabac est devenu explosif, aussi hystérique qu’aux États-Unis. Les derniers repentis sont d’ailleurs les plus virulents, prompts à s’enflammer pour leur mission : sauver l’humanité de cette drogue légale ! ».

•• Christophe Doré rappelle les dernières polémiques en date. « Celle autour de l’idée de surveiller l’usage de la cigarette dans les œuvres culturelles … La toile s’enflamme ».

Celle de la hausse des prix : le paquet à 10 euros en 2020. « Utile ? Non, affirment beaucoup de non spécialistes ainsi que les buralistes, forcément très concernés. Argument choc : taxer le tabac remplit les caisses de l’État, pas de raison pour qu’il arrête ! Le nier serait faire affront à la réalité : 80 % du prix d’un paquet de cigarettes finissent dans la colonne recettes des comptes de Bercy.

« Beaucoup d’experts critiquent par ailleurs le caractère progressif de la hausse. Elle n’a pas donné de très bons résultats ces dernières années. Il faut taper violemment au portefeuille, selon eux » (…)

•• « La question en France reste entière : la liberté de fumer est-elle devenue un luxe qui enrichit l’État ou un coût pour la santé publique qu’il n’ose pas combattre ?

Le docteur William Lowenstein, spécialiste en addictologie, résumait bien la situation dans le Figaro Santé, évoquant une « posture morale qui caractérise cinquante ans d’échecs, reposant sur des réflexes plus religieux que scientifiques, avec comme seule issue l’abstinence en guise de rédemption ». 

Taxer sans aider à décrocher n’est pas suffisant, rappellent les addictologues. Il faut du « en même temps » cher à nos gouvernants actuels, au risque de voir la contrebande s’amplifier …

« Une sorte d’action complexe qui ne se résume pas en un tweet et qu’aucun gouvernement n’a courageusement entrepris … Ce qui laisse insatisfaits les défenseurs du libre-arbitre comme ceux d’une politique de santé publique plus interventionniste. »