Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
7 Avr 2019 | Observatoire
 

Frémissements dans les officines. L’Autorité de la Concurrence vient de recommander une plus grande ouverture de la vente de certains médicaments à la grande distribution.

Dans un rapport rendu public, ce jeudi 4 avril, l’Autorité de la Concurrence préconise en effet la vente de médicaments sans ordonnance (Doliprane, Fervex, …) en grande distribution et en parapharmacies.

•• Argument avancé, dans les médias, par Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité : « dans les pays de l’Union européenne qui ont ouvert le monopole pharmaceutique, on a vu des baisses de prix de 10 à 15 %. Cela semble également dynamiser les conditions d’accueil en officine … » Que cela est élégamment dit.

Précautions, quand même. Il s’agit de « proposer un modèle à la française, très encadré, limité à certaines catégories de produits » : médicaments sans ordonnance, autotests, lecteurs de glycémie, certaines plantes médicinales, huiles essentielles, etc.

Reste que la grande distribution va pouvoir redoubler d’activité dans ce domaine. Les centres E. Leclerc comptent déjà 220 parapharmacies. Même si la vente portera sur des produits sans ordonnance, la présence d’un pharmacien sera obligatoire et cette activité néo-pharmaceutique devrait se faire dans un espace dédié, avec une facturation distincte.

•• Le même rapport préconise un nouvel assouplissement des conditions de vente en ligne des produits de parapharmacie … sans fermer la porte à celle de produits sous ordonnance (voir Lmdt du 5 février 2013). Les pharmacies vont pouvoir se regrouper pour ouvrir des sites communs.

Aujourd’hui, seul 1 % des médicaments sans ordonnance est vendu en ligne, à comparer avec 14 % de ces mêmes produits en Allemagne. D’ailleurs, le site belge Newpharma commence à très bien fonctionner en France.

•• Enfin, autre nouveauté : le capital des officines devrait s’ouvrir. Un même pharmacien pourrait multiplier les participations minoritaires et des investisseurs extérieurs seraient autorisés (mais pas un laboratoire pharmaceutique).

Cette ouverture « risque de mettre en péril le maillage territorial de nos 21 535 officines » a réagi Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France.