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8 Déc 2018 | Profession
 

Ce vendredi 7 décembre, l’avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre trois des quatre accusés du braquage particulièrement crapuleux d’un bureau de tabac, dans le vieux-Lille, juillet 2015 (voir Lmdt des 6 décembre 2018 et 1er août 2015). Contre le plus jeune, vingt ans de réclusion ont été requis.

Rappelons que la réclusion criminelle à perpétuité est la peine maximum susceptible d’être encourue.

•• L’avocat général, Bastien Madelon, a justifié ses lourdes réquisitions par les circonstances aggravantes : la violence des coups qui ont entraîné une infirmité permanente pour la buraliste, alors âgée de 70 ans ; la durée « exceptionnellement longue pour un braquage » comme indiqué par le directeur d’enquête à la barre; et le mode opératoire « d’une victime ligotée, bâillonnée et avec un sac plastique autour du cou ».

Il a distingué les rôles : le plus âgé (66 ans), « l’instigateur, l’organisateur. Sans lui, il n’y a pas de braquage ». Et les deux acteurs principaux qui, d’un bout à l’autre du procès, se seront renvoyés la responsabilité des coups.

Juste avant les plaidoiries et le réquisitoire, le mari de la buraliste, âgé de 78 ans, René Pâques, interpellait encore une fois les accusés pour savoir. En vain.

•• Maître Jacqueline Leduc-Novi, en partie civile, s’est ensuite indignée : « le système de défense des accusés est incohérent. Ils sont lâches d’un bout à l’autre ».

L’avocate a brossé le portrait d’une « commerçante courageuse, une femme qui aimait la vie. Toujours coquette, elle aimait danser. Ses enfants disent d’elle qu’elle était une amusette … ».

Pendant l’audience, la mémoire chancelante de Mme Pâques est néanmoins revenue par bribes : « Ils ont dit la caisse, la caisse » … « Ils m’ont plaquée par terre, le carrelage était froid ». Elle n’a pas été capable d’expliquer davantage.

•• L’avocat général Bastien Madelon, dans son réquisitoire, a avancé : « on ne peut s’empêcher de penser qu’ils l’ont frappée pour la faire parler. » Au fil des versions, le plus jeune des accusés avait évoqué la recherche d’un coffre qui aurait contenu de l’argent.

Pour Bastien Madelon, la tentative d’extorsion en bande organisée est constituée. Méticuleusement, il énumère l’acquisition d’une arme la veille, le repérage le matin même, les relations par téléphone entre les braqueurs et les guetteurs pendant l’agression.

•• « Ils sont tous responsables du risque qu’ils ont pris en mettant, en face d’une dame âgée, deux hommes dans la force de l’âge et armés. Ils sont tous responsables de ce qui s’est passé à l’intérieur » a-t-il expliqué.

La différence dans le choix de la peine se fera surtout au vu des antécédents judiciaires. Trois sont jugés en récidive. Le plus jeune a été condamné une seule fois. Contre lui, l’avocat général requiert vingt ans et contre les trois autres la perpétuité. L’avocat général demandera aussi l’interdiction définitive du territoire français pour tous.

Verdict lundi 10 décembre après les plaidoiries de la défense.