Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
25 Oct 2019 | Profession
 

Jean-Jacques Bourdin avait invité Cyrille Geiger – ce buraliste parisien très impliqué dans l’avenir de sa profession (voir Lmdt des 2 septembre 2019 et 19 mai 2018) – sur le plateau de BFM/RMC, ce jeudi 24 octobre. Extraits.

•• Cyrille Geiger : Emmanuel Macron avait aussi annoncé « en même temps » on parlera de l’harmonisation européenne (des prix du tabac, ndlr). La vérité c’est qu’on commence tout juste à en parler sans avoir de visibilité. 

Nos voisins allemands n’ont pas fait d’augmentations parce que leurs propres voisins à l’Est ont un prix du tabac qui est trop bas. La France, et je parle pour mes collègues frontaliers, va devenir deux fois plus chère que ses voisins. À Strasbourg, un aller-retour en Allemagne et c’est 50 % de remise. Et ce, dès le 1er novembre, avant les dix euros (voir Lmdt du 23 octobre).

Jean-Jacques Bourdin : C’est une incitation à franchir les frontières …

C. G. : C’est l’effet de toute augmentation qui n’est pas accompagnée. Effectivement, on a une augmentation substantielle des achats transfrontaliers ou illégaux ou sur Internet.

J-J B. : Et la baisse du nombre de fumeurs ?

C. G. : Probablement que le matraquage fiscal a une forme d’efficacité. Mais encore une fois lorsque vous avez une différence du simple au double, au lieu de faire 10 kilomètres, vous en faites 100, 150, 200. Combien de Parisiens vont jusqu’au Luxembourg ? Plus on creuse le fossé des prix, plus les frontières se rapprochent.

J-J B. : Les saisies ont été multipliées par deux … (voir Lmdt du 24 octobre)

C. G. : Et j’ajouterai un chiffre : 800 buralistes ont fermé. 

Nous demandons qu’en même temps l’État prenne en compte ces disparités avec nos voisins, d’autant que nous sommes le pays européen qui a le plus de frontières. Parallèlement, nous avons un plan de Transformation sur trois ans. Et nous lançons le « Mois de la Vape » (voir Lmdt de ce jour).

J-J B. : En même temps, vous vendez aux mineurs … parce qu’il faut vendre ou parce que vous fermez les yeux

C. G. : Ce n’est pas acceptable. La partie excusable, si je puis dire, c’est la limite physique autour de 18 ans qui n’est pas aisée. Et d’autre part, pas que dans les banlieues difficiles, on se retrouve avec des agressions, des menaces, des vols. On n’a pas été formé pour faire de la police.